Le tribunal militaire de garnison de Beni, siégeant en procédure de flagrance, a condamné trois officiers des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC ) à la peine de mort, à l'issue d'une procédure judiciaire impliquant deux prétendus commandants condamnés à 20 ans de prison. Le verdict est tombé la nuit du vendredi 10 juillet 2026 à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu.
Des lieutenants Ilunga Jean Claude et Kasereka Maneno Achile ainsi que le capitaine Makambo Moninda John ont été reconnus coupables de violation de consigne et de désertion simple en plein état de siège.
Autoproclamé commandant des Wazalendo, Paluku Timothé Bonheur et son compagnon, Kaseraka Valyali Dalmon, écopent, chacun, de 20 ans de prison. Le tribunal a retenu à leur charge les infractions d'incitation des militaires à commettre des actes contraires à la discipline et aux devoirs, propagation de faux bruits et initiation de fausses informations.
Lors de la sentence, le tribunal les a toutefois acquittés de l'infraction de détournement des mains-d'œuvre, une autre infraction qui pesait sur eux lors de l'instruction du dossier.
De quoi ont-ils été reprochés ?
Lors des audiences devant le tribunal militaire, l'instruction a révélé que Paluku Timothé Bonheur s'est présenté comme une "un faux général des Wazalendo". Il a mis en place un réseau de recrutement clandestin avec un bureau installé au quartier Malepe en commune de Beu.
Sous prétexte de diriger un groupe armé baptisé "Ngoles", l'homme recrutait illégalement de jeunes civils et des militaires des FARDC, en exploitant abusivement le label de la Réserve armée de la défense (RAD) sans le moindre mandat. Cette manipulation des aspirations de la jeunesse et des frustrations de certains combattants n'avait d'autre but que de servir des ambitions personnelles, au détriment de l'effort de guerre républicain, avait détaillé le ministère public, organe de la loi.
Les militaires condamnés ont ainsi été séduits d'être à la solde de Paluku Timothé Bonheur qui se présentait, par ailleurs, comme coordonnateur de la CONAP, qu'il appelle Comité regroupant tous les Wazalendo du pays. Ouvertes mardi, les audiences ont baissé les rideaux vendredi, alors que le tribunal militaire a, après son jugement, mis les condamnés à la disposition de l'organe de la loi rappelant qu'ils ont cinq pour interjeter appel.
Dieubon Mughenze, à Beni