La Banque mondiale renforce son soutien à la RDC dans le cadre de la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et de l'Ituri dans l'Est du pays. À l'occasion de la rencontre entre le président Félix Tshisekedi et son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, en visite de solidarité jeudi 2 juillet à Kinshasa, après la déclaration officielle de l'épidémie, le directeur pays de la Banque mondiale pour l'Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé-et-Principe, Albert G. Zeufack, a annoncé une augmentation de l'appui financier de l'institution.
S'exprimant dans les installations de l'INRB dans la catégorie des partenaires financiers de la RDC engagés dans la lutte contre cette crise sanitaire, Albert G. Zeufack a réaffirmé l'engagement de la Banque mondiale aux côtés du gouvernement congolais.
« Je voudrais ici réaffirmer le soutien de la Banque mondiale à la RDC en ces moments difficiles. Nous avons mis à la disposition de la RDC pour cet effort un montant de 63 millions de dollars américains, comme l'a annoncé le Directeur général d'Africa CDC. Je voudrais ici demander qu'on ajuste ces chiffres de 10 millions de dollars supplémentaires. Les ressources que nous mettons à disposition pour cette crise vont ainsi se chiffrer à 73 millions de dollars américains, parce que la Banque mondiale assiste à la riposte au niveau national, régional, mais aussi au niveau global », a déclaré Albert G. Zeufack.
Le responsable de la Banque mondiale a précisé qu'au niveau national, le financement est assuré à travers le Projet de préparation, de riposte et de résilience aux urgences sanitaires en RDC, mis en œuvre en collaboration avec le ministère de la Santé.
« Au niveau national, à travers le Projet de préparation, de riposte et de résilience aux urgences sanitaires en République démocratique du Congo, mis en œuvre avec le ministère de la Santé, nous avons disponibilisé 46 millions de dollars qui sont actuellement en cours de déploiement pour financer le plan du gouvernement. Je tiens à préciser qu'il ne s'agit pas d'une promesse de financement. Ces ressources sont disponibles et en cours de décaissement », a-t-il souligné.
Albert G. Zeufack a également insisté sur la dimension régionale de la réponse à l'épidémie, rappelant que les pays voisins doivent renforcer leurs capacités de préparation afin de prévenir toute propagation transfrontalière.
« Au niveau régional, nous travaillons également avec Africa CDC ainsi qu'avec les pays voisins, notamment le Burundi, qui, dans notre portefeuille, doit aussi se préparer à une éventuelle ou potentielle propagation de cette épidémie. Dans le cadre de notre portefeuille au Burundi, nous avons disponibilisé 10 millions de dollars pour soutenir les activités de préparation », a-t-il expliqué.
Dans le même registre, le directeur pays de la Banque mondiale a indiqué que les 10 millions de dollars additionnels proviennent du Global Financing Framework, un mécanisme destiné à soutenir les interventions sanitaires d'urgence dans la région.
« Les 10 millions de dollars supplémentaires proviennent du Global Financing Framework, un mécanisme qui nous permettra de poursuivre notre appui à la République démocratique du Congo ainsi qu'aux pays voisins », a ajouté Albert G. Zeufack.
Le 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé la flambée d’Ebola causée par la souche Bundibugyo, qui s’est ensuite propagée à l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
Selon l’OMS, l’épidémie a connu une expansion géographique et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires, les difficultés d’accès à certaines zones affectées par les conflits armés, ainsi que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche du virus.
Malgré ce contexte préoccupant, les autorités de la RDC se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts déployés en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux afin de contenir l’épidémie. Elles rappellent également l’expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà fait face à seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes maîtrisées au terme d’importantes opérations de riposte.
Clément MUAMBA