La destruction, le 30 juin dernier, du Centre de traitement Ebola (CTE) de Bafwabango, dans la zone de santé de Nia-Nia (territoire de Mambasa), fait désormais peser un risque majeur sur la riposte contre la maladie à virus Ebola. Neuf patients, dont deux cas confirmés et sept cas suspects, ont pris la fuite après l'incendie criminel de la structure par une foule hostile.
Selon le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia, le Dr Joseph Pemanakue, les patients restent introuvables plusieurs heures après les violences.
" Le centre incendié hébergeait deux patients confirmés positifs à Ebola ainsi que sept cas suspects. Les neuf patients ont fui la structure et demeurent introuvables, faisant craindre une propagation accrue de l'épidémie au sein de la communauté ", a alerté le responsable sanitaire.
L'attaque est intervenue après le refus d'une partie de la population de remettre aux équipes de riposte la dépouille d'une personne soupçonnée d'être décédée d'Ebola. La situation a rapidement dégénéré, conduisant à l'incendie du centre de traitement et à la destruction d'importants stocks de médicaments et d'équipements médicaux.
Pour les autorités coutumières, cet acte compromet gravement les efforts engagés pour contenir l'épidémie dans cette partie de l'Ituri.
" Certains leaders d'opinion manipulent la population en affirmant qu'Ebola est un business. Pourtant, la maladie existe. Au PK 51, nous avons enregistré une dizaine de morts. Un corps testé positif a été retiré de son cercueil et transporté par la population, ce qui augmente le risque de propagation de la maladie. La structure sanitaire de prise en charge, obtenue après de nombreux efforts, a malheureusement été incendiée ", a dénoncé Alexis Mungaki, chef du groupement Ngayo.
Cet incident intervient dans un contexte de fortes tensions entre certaines communautés et les équipes de riposte. Les autorités sanitaires redoutent que la fuite des patients confirmés et suspects ne favorise l'apparition de nouvelles chaînes de transmission, alors que l'Ituri demeure l'épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo.
Freddy Upar, à Bunia