Ebola: Félix Tshisekedi insiste sur une réponse africaine coordonnée et appelle à éviter les mesures excessives

Un agent de santé dans le laboratoire de l'INRB
Un agent de santé dans le laboratoire de l'INRB

À l'occasion de la visite officielle à Kinshasa du président sud-africain Cyril Ramaphosa, en sa qualité de champion de l'Union africaine pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies (PPPR), le président de la République, Félix Tshisekedi, a insisté, ce jeudi 2 juillet, sur la nécessité d'une réponse fondée sur la science, la solidarité et le renforcement des capacités sanitaires du continent africain.

Alors que certains États ont pris des mesures de restriction des voyages en provenance de la RDC à la suite de l'apparition de cas de la maladie à virus Ebola en RDC et en Ouganda, le chef de l'État congolais a appelé à privilégier une approche responsable et concertée, en évitant des mesures excessives ou injustifiées. Pour le président congolais, les crises sanitaires successives démontrent l'urgence de renforcer les mécanismes de protection du continent.

« Nous devons nous appuyer sur les données scientifiques, la transparence, la proportionnalité et la coopération entre États. Nous devons éviter les mesures excessives ou non justifiées qui perturbent inutilement la circulation des personnes, des biens, des services essentiels et de l'aide humanitaire. La crise actuelle confirme également la nécessité de bâtir une architecture africaine de sécurité sanitaire plus robuste, plus résiliente et mieux préparée aux défis futurs », a déclaré Félix Tshisekedi.

Il a également insisté sur le développement des capacités propres à l'Afrique afin de mieux faire face aux futures épidémies. Tshisekedi a salué la présence de son homologue sud-africain à Kinshasa, qu'il considère comme un symbole fort de la coopération bilatérale.

« L'Afrique doit renforcer ses propres capacités de prévention, de surveillance, de diagnostic, de recherche, de formation du personnel de santé et de réponse rapide aux épidémies. Votre présence aujourd'hui à Kinshasa illustre l'excellence des relations entre nos deux pays et notre volonté commune de bâtir une Afrique plus solidaire, plus résiliente et plus prospère », a souligné Félix Tshisekedi.

Abordant les multiples défis auxquels la région est confrontée, le président de la République a rappelé que la coopération demeure la seule voie durable. Il a lancé un appel à l'unité du continent.

« Face à Ebola, comme face aux défis sécuritaires, économiques et humanitaires de notre région, la RDC demeure convaincue qu'aucun pays ne peut réussir seul. C'est ensemble, dans un esprit de solidarité africaine et de responsabilité, que nous pourrons relever ces défis et construire un avenir meilleur pour nos peuples », a-t-il déclaré.

Le 17 mai, soit deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé la flambée d’Ebola causée par la souche Bundibugyo, qui s’est ensuite propagée à l’Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Selon l’OMS, l’épidémie a connu une expansion géographique et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires, les difficultés d’accès à certaines zones affectées par les conflits armés, ainsi que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche du virus.

Malgré ce contexte préoccupant, les autorités de la RDC se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts déployés en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux afin de contenir l’épidémie. Elles rappellent également l’expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà fait face à seize précédentes épidémies d’Ebola, toutes maîtrisées au terme d’importantes opérations de riposte.

Clément MUAMBA