Tshopo : l’engagement social de GBE Agri à travers l’appui aux agriculteurs, l’accès à l’eau potable et l’agriculture durable au service des communautés d’Imbolo

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Un forage du GBE Agri à Imbolo

À Imbolo, dans le territoire d’Isangi (province de la Tshopo), le développement agricole s’accompagne d’un ensemble d’actions sociales destinées à améliorer durablement les conditions de vie des populations. À travers sa filiale Busira Lomami Orientale (BLO) et ses organisations non gouvernementales, notamment l’ONG DRC (Développement Rural au Congo) et l’ONG SRC (Santé Rurale Congolaise), GBE Agri met en œuvre plusieurs initiatives qui conjuguent développement économique, accès aux services essentiels et promotion d’une agriculture durable.

Ces interventions s’articulent principalement autour de l’accompagnement des planteurs indépendants, de l’amélioration de l’accès à l’eau potable grâce aux forages et de la diffusion de techniques agricoles durables, dans une logique d’économie circulaire.

Les planteurs indépendants, au cœur de la stratégie de développement local

Le soutien aux planteurs indépendants constitue aujourd’hui l’un des principaux axes de la stratégie de développement local de GBE Agri. À travers le programme de 500 hectares de palmiers à huile financé par l’Agence française de développement (AFD) dans le cadre du Projet de soutien aux forêts et savanes dégradées (PSFD), mais aussi grâce au projet vivrier, l’entreprise entend renforcer les revenus des communautés tout en sécurisant l’approvisionnement de son usine de transformation.

Le dispositif commence dès la production des plants. Dans les pépinières industrielles de Busira Lomami Orientale, des milliers de jeunes palmiers de variété Tenera, reconnue pour son excellent rendement en huile, sont élevés avant d’être distribués aux producteurs.

« Nous nous occupons de toute la chaîne de production des plants. Nous recevons les graines germées, nous les élevons dans les pépinières jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à être mises en terre. Ensuite, nos équipes assurent le suivi technique des plantations jusqu’à leur première production afin de garantir un bon développement des palmiers », explique Freddy Bayelo, chef du service agricole de la société.

Au-delà de la fourniture du matériel végétal, les agriculteurs bénéficient d’un accompagnement permanent. Les techniciens assurent des formations sur l’entretien des plantations, la fertilisation naturelle, la lutte contre les maladies et les bonnes pratiques culturales afin d’améliorer durablement les rendements.

Le département de Développement rural (DDR), qui relève de l’ONG DRC, joue également un rôle central dans cette stratégie d’accompagnement. Chargé d’encadrer les planteurs indépendants, il assure leur professionnalisation à travers des formations en techniques agricoles, en gestion financière et dans plusieurs autres domaines liés au développement de leurs exploitations. Le DDR sert également d’interface commerciale entre les producteurs et Busira Lomami Orientale, en achetant la production des planteurs indépendants avant de la revendre à la société.

« Nous sommes des agents technico-commerciaux. Nous accompagnons les planteurs avec des conseils techniques tout en achetant leur production, que nous revendons ensuite à la société. C’est un partenariat gagnant-gagnant : les producteurs disposent d’un débouché assuré, tandis que nous améliorons progressivement la qualité des plantations. Notre objectif est qu’ils deviennent économiquement autonomes tout en restant des partenaires solides de la société », détaille Pamela Lifake, responsable du département Développement rural de la BLO.

Créé à l’initiative du président-directeur général de GBE Agri, Cédric Thaunay, ce département accompagne aujourd’hui plusieurs centaines de planteurs indépendants répartis autour d’Imbolo. Depuis le lancement du programme en 2023, des centaines d’hectares de palmiers améliorés ont déjà été plantés.

En parallèle, les producteurs bénéficient d’un débouché sécurisé puisque Busira Lomami Orientale rachète leurs régimes de palme et organise leur transport vers l’usine.

« Nous avons mis en place un département chargé d’encadrer les planteurs indépendants. Au départ, nous leur fournissions des plants. Aujourd’hui, ils produisent leurs propres régimes que nous achetons directement. Nous assurons également le transport afin qu’ils puissent vendre facilement leur production et en tirer un revenu régulier », rappelle Didier Kivula, chef du service administratif.

Pour faciliter cette collaboration, plusieurs modalités de paiement ont également été mises en place. Les producteurs peuvent être payés immédiatement lorsqu’ils font face à une urgence ou choisir un paiement différé afin de financer un projet plus important. Les planteurs les plus fidèles peuvent également bénéficier d’avances financières pour soutenir leurs activités.

Ce partenariat est aujourd’hui perçu comme un vrai moteur de développement par les bénéficiaires eux-mêmes.

« La plantation de palmier à huile est devenue une véritable source de revenus. Elle nous permet de payer la scolarité de nos enfants, de construire nos maisons et d’agrandir progressivement nos exploitations. Avec les nouveaux plants distribués dans le cadre du projet, les rendements sont nettement meilleurs que ceux des anciennes variétés », témoigne Nadine Baengo, présidente de l’association des planteurs indépendants.

Pour la direction de BLO, cet accompagnement dépasse largement la seule production agricole, fait valoir Charles Ambassa, directeur général.

« Le développement social est au cœur de notre vision. Nous travaillons avec les communautés locales pour créer les conditions d’un développement durable. Cela passe par l’agriculture, mais aussi par les routes, les écoles, les centres de santé et toutes les infrastructures qui permettent de désenclaver les villages autour de nos plantations », a-t-il dit.

Depuis plusieurs mois, l’entreprise poursuit notamment un vaste programme de réhabilitation des routes de desserte agricole afin de faciliter l’évacuation des récoltes, mais aussi les déplacements des populations vers les écoles et les centres de santé. Ces travaux concernent plusieurs centaines de kilomètres de pistes qui relient les villages aux installations de Busira Lomami Orientale.

« Notre ambition est de faire véritablement décoller les villages qui nous entourent. Les infrastructures que nous réalisons aujourd’hui profiteront à l’ensemble des communautés bien au-delà des seules activités de la société », ajoute Charles Ambassa.

Le projet vivrier : accompagner les producteurs et créer une économie locale durable

Au-delà de la filière palmier à huile, Busira Lomami Orientale accompagne également les communautés à travers un vaste projet vivrier destiné à soutenir les producteurs de riz, de maïs, d’arachides, de soja et d’autres cultures alimentaires.

L’objectif est de renforcer la sécurité alimentaire des ménages tout en créant de nouvelles sources de revenus grâce à des débouchés commerciaux garantis, explique Christophe Bikuta, responsable du projet vivrier de Busira Lomami Orientale.

« Nous avons choisi d’accompagner les paysans afin qu’ils développent leurs propres activités économiques. Lorsqu’ils produisent davantage et qu’ils peuvent vendre facilement leurs récoltes, toute la communauté en bénéficie. C’est une manière de créer un véritable partenariat entre la société et les populations riveraines », dit-il.

L’accompagnement repose d’abord sur un important travail de terrain avec les équipes techniques qui forment les producteurs aux itinéraires techniques adaptés aux différentes cultures, distribuent des semences lorsque cela est nécessaire et suivent les exploitations tout au long des campagnes agricoles.

L’une des principales innovations introduites par BLO est le recours à des pratiques agroécologiques destinées à restaurer durablement la fertilité des sols.

« Nous vulgarisons notamment l’utilisation du vétiver comme plante de service. Une fois installé dans les parcelles, il protège le sol du soleil, conserve l’humidité et produit progressivement de la matière organique. Ses racines favorisent aussi l’activité des micro-organismes qui améliorent naturellement la fertilité des terres. Cela permet aux agriculteurs de continuer à cultiver les mêmes parcelles pendant plusieurs années sans être obligés d’aller défricher de nouvelles forêts », développe Christophe Bikouta.

L’entreprise intervient également après les récoltes car les équipes se rendent directement dans les villages pour acheter les productions, supprimant ainsi les coûts de transport qui constituent souvent le principal frein à la commercialisation.

« Nous allons de village en village avec nos tracteurs pour acheter les récoltes directement devant les maisons des producteurs. Ils n’ont aucun frais de transport à supporter. Aujourd’hui, près de 2 500 petits producteurs nous fournissent du riz. Nous le conditionnons ensuite avant de l’expédier vers Kinshasa. Ce système encourage les familles à produire davantage puisqu’elles savent que leur récolte trouvera un acheteur », souligne Christophe Bikouta.

Cette politique d’achat contribue à dynamiser l’économie locale en garantissant des revenus complémentaires aux familles tout en renforçant la sécurité alimentaire.

Les forages améliorent l’accès à l’eau potable


Parallèlement à ses actions agricoles, GBE Agri poursuit plusieurs projets sociaux destinés à améliorer directement les conditions de vie des populations. L’accès à l’eau potable constitue l’un des principaux axes d’intervention. 

À Imbolo, plusieurs forages ont été réalisés afin de permettre aux habitants de s’approvisionner gratuitement en eau potable à proximité de leur domicile.

Marie-Thérèse, qui assure l’ouverture quotidienne de l’un de ces ouvrages sur l’avenue Kafalayi, mesure les changements apportés par cette infrastructure.

« Nous ouvrons le forage de 6 heures à 10 heures puis à partir de 15 heures afin que chacun puisse venir chercher de l’eau. Avant, nous parcourions plusieurs kilomètres jusque dans la forêt pour atteindre les sources. Aujourd’hui, nous avons de l’eau potable au cœur du village et tout le monde peut en profiter gratuitement », raconte-t-elle.

Même satisfaction chez Ruth, une autre bénéficiaire.

« Avant, nous allions chercher l’eau très loin dans les rivières. Désormais, nous avons un château d’eau accessible à tous. Personne n’est exclu et nous remercions la société Busira Lomami Orientale pour cette réalisation qui facilite énormément notre quotidien », se réjouit Ruth, bénéficiaire du projet.

Au-delà du confort apporté aux habitants, ces infrastructures contribuent à réduire les maladies liées à la consommation d’eau insalubre et diminuent considérablement le temps consacré à la corvée d’eau, en particulier pour les femmes et les enfants.

Les forages présentent également un intérêt agricole puisqu’ils permettent d’assurer l’arrosage des pépinières pendant les périodes de faible pluviométrie, garantissant ainsi le bon développement des jeunes plants avant leur distribution aux producteurs.

Le compostage et l’économie circulaire au service de l’agriculture


Parallèlement aux actions sociales, GBE Agri développe un modèle de valorisation des déchets agricoles basé sur le compostage industriel.

Les résidus issus des huileries de palme et des plantations de cacao, autrefois considérés comme des déchets, sont transformés en fertilisant naturel. Les rafles vides des régimes de palme, les cabosses de cacao ainsi que certains effluents liquides sont regroupés en grands andains où ils subissent un processus naturel de fermentation, régulièrement accéléré par le brassage mécanique.

Le compost ainsi obtenu est utilisé pour restaurer la fertilité des sols, limiter le recours aux engrais chimiques et améliorer la croissance des jeunes plants dans les pépinières.

Cette approche bénéficie également aux planteurs indépendants. Les formations dispensées leur permettent d’adopter des techniques de fertilisation plus accessibles économiquement tout en préservant durablement la qualité des terres agricoles.

Kuzamba Mbuangu, à Imbolo