Nord-Kivu II : plus de 600 élèves finalistes ont raté l’Examen d’État suite à l’insécurité liée à l’activisme des ADF

Photo d'illustration
Photo d'illustration

Au total, 605 élèves finalistes ont manqué la session ordinaire de l’Examen d’État 2026 dans la province éducationnelle Nord-Kivu II. Cette situation a été relevée le lundi 29 juin 2026 à Butembo par l’Inspection principale provinciale.

Dans cette province éducationnelle, 27.909 candidats étaient attendus dans les centres de passation. Parmi eux, 605 ne se sont pas présentés, soit un taux d’absence de 2,1 %, mais les autorités estiment que le déroulement global des épreuves s’est effectué sans incident majeur, malgré le signalement du décès d’une candidate du complexe scolaire Les Apôtres.

Les autorités éducatives attribuent principalement ces absences à la situation sécuritaire persistante dans plusieurs entités, notamment à Njiapanda et à Oïcha, affectées par l’activisme des combattants des Forces démocratiques alliées. Dans la sous-division éducationnelle de Njiapanda, située dans le territoire de Lubero, l’insécurité a fortement perturbé la fréquentation scolaire tout au long de l’année, impactant directement la participation des élèves aux examens certificatifs.

Les perturbations sécuritaires enregistrées durant l’année scolaire ont affecté le fonctionnement normal des établissements scolaires et entraîné une baisse de la présence des apprenants dans plusieurs zones concernées.

Pai ailleurs, la province éducationnelle Nord-Kivu III a également connu une faible participation à la session ordinaire de l’Examen d’État 2026. Cette situation est liée à la crise sécuritaire persistante dans cette partie de la province du Nord-Kivu, marquée par des affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo, appuyées par les miliciens Wazalendo.

Selon les données communiquées par l’Inspection principale provinciale, 18.275 élèves finalistes étaient inscrits dans les centres de passation de la province éducationnelle Nord-Kivu III. Seuls 13.276 candidats ont effectivement pris part aux épreuves lancées le lundi 22 juin 2026. Ainsi, 4.999 finalistes, soit plus d’un quart des inscrits, n’ont pas pu se présenter dans leurs centres respectifs, en raison notamment de l’insécurité et des déplacements massifs des populations provoqués par les violences armées.

Depuis plusieurs mois, des territoires comme Walikale et Masisi, ainsi que d’autres zones couvertes par la province éducationnelle Nord-Kivu III, sont confrontés à des violences récurrentes impliquant différents groupes armés. Cette situation a entraîné la fermeture temporaire de certaines écoles, le déplacement de milliers de familles et des perturbations importantes du calendrier scolaire.

Malgré ce contexte difficile, les autorités éducatives ont maintenu l’organisation des épreuves dans les centres jugés accessibles et sécurisés, afin de permettre aux candidats présents de poursuivre leur parcours scolaire. Dans plusieurs centres, les examens se déroulent sous la surveillance des autorités administratives et sécuritaires.

La session ordinaire de l’Examen d’État 2026 avait débuté le lundi 22 juin dernier sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, y compris dans certains centres situés hors des frontières nationales. Pour cette édition, 1.079.675 candidats étaient inscrits à l’épreuve de dissertation du cycle long, dont 482.557 filles, représentant 44,7 %, et 597.118 garçons, soit 55,3 %. Ces candidats sont répartis dans plus de 3.000 centres à travers le pays et dans quelques pays voisins.

Josué Mutanava, à Goma