La France a exprimé sa vive préoccupation face à la poursuite des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), mettant en garde contre les conséquences humanitaires des affrontements et la recrudescence des attaques par drones dans la région.
Intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations Unies lors de la séance consacrée à la situation en RDC, vendredi 26 juin 2026, l’ambassadeur et représentant permanent de la France auprès de l’ONU à New York, Jérôme Bonnafont, a souligné les risques que font peser les combats sur les populations civiles.
"La poursuite des combats menace les populations, la recrudescence des attaques de drones est inquiétante", a déclaré le diplomate français.
Il a également évoqué une attaque ayant touché une ressortissante française travaillant pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à Goma. Allusion faite à Karine Buisset, humanitaire française de l’UNICEF, tragiquement tuée le 11 mars 2026 dans une frappe de drone à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
"Une de nos compatriotes travaillant pour l’UNICEF en a été victime à Goma. Nous appelons à la transparence sur les responsabilités de cette attaque", a-t-il ajouté.
Après ces incidents, une enquête « de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre » a été ouverte après la mort de Karine Buisset, une humanitaire française de 54 ans, en République démocratique du Congo. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) de la France, à l’origine de cette information rapportée vendredi 13 mars 2026 à l’Agence France-Presse, précise que les investigations, confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité de la gendarmerie nationale (OCLCH), devront éclaircir « les circonstances de commission des faits » et « tenir informés les proches de la victime ».
De son côté, le gouvernement congolais avait indiqué que des enquêtes étaient en cours afin de déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, dans l’est du pays, qui ont fait plusieurs victimes, dont une employée de l’Unicef. Dans un communiqué publié par le ministère de la Communication et des Médias, les autorités congolaises disent avoir pris connaissance « des explosions survenues à l’aube de ce mercredi 11 mars 2026 dans la ville de Goma, ayant entraîné des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts matériels importants ».
Le gouvernement a exprimé « sa profonde tristesse » après les pertes humaines signalées, notamment la mort de Karine Buisset, ressortissante française employée de l’Unicef en République démocratique du Congo. Kinshasa affirme que « les circonstances exactes de ces incidents intervenus en zones occupées, ainsi que l’origine des explosions signalées, font actuellement l’objet d’enquêtes par les services habilités, en vue de tirer toute la lumière sur les faits ».
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements dans l’Est de la RDC, où les violences armées continuent d’aggraver la crise humanitaire et sécuritaire, en dépit des accords de Washington signés entre Kinshasa et Kigali sous les auspices des États-Unis d’Amérique, ainsi que du processus de Doha, sous l’égide de l’État du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, alors que les affrontements se poursuivent sur le terrain.
Clément MUAMBA