Les parties impliquées dans le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) sont appelées à mettre pleinement en œuvre l’Accord de Washington, signé entre Kinshasa et Kigali sous les auspices des États-Unis. Cet appel a été lancé vendredi dernier par la France lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation dans l’Est de la RDC. Paris estime que la voie diplomatique demeure la seule issue durable à la crise sécuritaire qui secoue la région des Grands Lacs.
Dans son intervention, qui coïncidait avec le premier anniversaire de la signature de cet accord au niveau ministériel, l’ambassadeur Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l’ONU à New York, a rappelé les avancées enregistrées depuis sa conclusion. Pour Paris, la mise en œuvre pleine et entière de cet accord, conclu sous les auspices des États-Unis d’Amérique, constitue la principale perspective pour parvenir à une stabilisation durable de la région.
"Il y a un an, nous nous réunissions alors qu'un accord de paix venait d'être signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda grâce à la médiation américaine, des progrès ont été faits, notamment avec l'appui du Qatar, du Togo et de l'Union africaine, dont l'action de médiation et de facilitation est centrale. L'application pleine et entière de cet accord doit rester notre ligne politique d'horizon pour une paix dans la région des Grands Lacs", a affirmé l'ambassadeur Jérôme Bonnafont, Représentant permanent de la France auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Jérôme Bonnafont a également appelé les parties signataires à respecter leurs engagements. Alors que les combats se poursuivent dans certaines zones de l’Est de la RDC, la France a réaffirmé qu’une solution militaire ne pouvait pas permettre de mettre fin durablement à la crise.
Face à la persistance des tensions, Paris appelle le Conseil de sécurité à maintenir la pression diplomatique et à utiliser l’ensemble des leviers à sa disposition. L’ambassadeur français a enfin réaffirmé l’engagement de la France et du Conseil de sécurité en faveur du rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
"Les parties ont signé un accord de paix, elles doivent désormais l'appliquer et reconnaître cette réalité. Il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit. Le Conseil doit rester mobilisé en utilisant l'ensemble de ses instruments, y compris le régime de sanctions, dont le renouvellement est actuellement examiné. Ce Conseil restera mobilisé pour restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs", a-t-il martelé.
En dépit de l’existence de l’Accord de Washington et de la multiplication des réunions d’évaluation, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer, malgré les nombreuses initiatives diplomatiques censées contribuer à la résolution de la crise.
Nombre d’observateurs estiment que l’érosion de la confiance entre les parties, ainsi que le manque de volonté politique de certains acteurs régionaux, qui freine la mise en œuvre effective des engagements pris, demeurent des défis majeurs pour les médiateurs, notamment les États-Unis et l’État du Qatar. Ces derniers sont appelés à poursuivre leurs efforts en faveur d’une issue à la crise sécuritaire actuelle, marquée par la présence de la rébellion de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels restent jusqu’à présent sans effet notable. L’objectif de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques enregistrées sur le papier peine encore à se concrétiser. Chaque partie continue en effet d’interpréter les dispositions de l’accord selon sa propre lecture, rendant sa mise en œuvre davantage incertaine.
Il en va de même pour le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 peinent toujours à rapprocher leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait insuffler une nouvelle dynamique à ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés, tandis que la détérioration de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a également contribué à reléguer ce dossier au second plan, ralentissant davantage les efforts de médiation.
Clément MUAMBA