À Genève, l'ONU alerte sur une « gravité exceptionnelle » des droits humains dans l'est de la RDC

Les déplacés de Sake arrivant à Goma
Les déplacés de Sake arrivant à Goma

Une commission d'enquête indépendante de l'ONU a averti dimanche d'une "situation d'une gravité exceptionnelle" en matière de droits humains dans l'est de la République démocratique du Congo, évoquant des violences sexuelles et des homicides illégaux rapportés par des civils.

La Commission d'enquête indépendante des Nations unies sur la situation des droits de l'homme dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a présenté sa première mise à jour devant le Conseil des droits de l'homme, à Genève.

"Les informations portées à notre attention font état d'une situation d'une gravité exceptionnelle", a déclaré le président de la Commission, Arnauld Akodjenou.

Il a fait état de "témoignages profondément préoccupants" concernant les enfants, les violences sexuelles liées au conflit, dont l'esclavage sexuel, le recrutement forcé, des homicides illégaux, des arrestations arbitraires et des attaques contre des écoles et des établissements de santé.

La Commission, créée par le Conseil des droits de l'homme, a indiqué avoir tenu plus de 50 consultations en ligne et plus de 30 réunions en personne. Elle a mené sa première mission en RDC début juin, avec des consultations à Kinshasa auprès de victimes, de représentants du gouvernement, d'entités onusiennes, de diplomates et de 35 organisations de la société civile, selon le texte diffusé par l'institution.

La situation sécuritaire et sanitaire n'a pas permis à la Commission de se rendre à Goma, dans l'est du pays. Elle a indiqué vouloir s'y rendre, ainsi que dans les zones touchées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dès que les conditions le permettront.

La commissaire Maxine Marcus a précisé que les enquêtes étaient "à un stade préliminaire" et que la Commission ne se prononçait pas encore sur la nature ou l'ampleur des violations. "La Commission ne préjuge ni des faits ni des responsabilités", a-t-elle dit.

La Commission a également fait état d'entraves à l'accès humanitaire, de mauvais traitements en détention et de menaces visant des défenseurs des droits humains et des journalistes documentant des violations.

Le commissaire Clément Voule a appelé à ce qu'aucun témoin ou défenseur des droits humains ne fasse l'objet de représailles pour avoir coopéré avec les Nations unies.

La Commission a relevé que la crise dans l'est de la RDC affecte la sécurité, la santé, la gouvernance, le commerce et l'éducation, dans un contexte aggravé par la poursuite des hostilités, les déplacements de population et l'épidémie d'Ebola.