La Chine a invité la communauté internationale à intensifier son soutien à la République démocratique du Congo (RDC), confrontée à une détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire due à l'activisme des groupes armés locaux et étrangers, aggravée par la résurgence de l'épidémie de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, dans l'est de la RDC.
Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, l'ambassadeur de la Chine auprès de l'ONU, Fu Cong, a insisté sur l'urgence de répondre aux besoins humanitaires croissants. Il a également appelé les bailleurs de fonds à accroître leurs contributions afin de combler le déficit de financement lié à la situation humanitaire et au plan de riposte contre l'épidémie de la maladie à virus Ebola.
"Nous devons tout mettre en œuvre pour atténuer la crise humanitaire. Le conflit prolongé a engendré une grave crise humanitaire dans l’est du Congo, et la récente épidémie d’Ebola a encore aggravé la situation. La Chine soutient les efforts déployés par la République démocratique du Congo, les Nations Unies, l’Organisation mondiale de la Santé et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies pour maîtriser l’épidémie, et appelle la communauté internationale, notamment les bailleurs de fonds traditionnels, à accroître leurs contributions afin de combler le déficit de financement", a déclaré vendredi 26 juin 2026 le représentant de la Chine auprès de l'ONU.
Alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante et volatile dans l'est de la RDC, en raison de la poursuite des hostilités entre les groupes armés, les forces gouvernementales et l'AFC/M23, le représentant chinois a exhorté les parties au conflit à faire primer les considérations humanitaires.
"Les parties au conflit doivent donner la priorité à la santé et à la vie de leurs populations, garantir conjointement un accès humanitaire sans entrave, assurer la sécurité du personnel médical et des travailleurs humanitaires, et œuvrer à une victoire rapide contre l’épidémie", a-t-il recommandé lors de son intervention
Par ailleurs, l'ambassadeur de la Chine auprès des Nations Unies, Fu Cong, a rappelé que « la Chine et les pays africains, notamment la République démocratique du Congo (RDC), ont toujours formé une communauté de destin, solidaires dans les bons comme dans les mauvais moments ».
Face à la résurgence de l'épidémie d'Ebola, a-t-il indiqué, la Chine a immédiatement apporté une aide humanitaire d'urgence à la RDC et à l'Union africaine. Elle a également dépêché une équipe d'experts médicaux en RDC et fourni une aide humanitaire d'urgence supplémentaire à la RDC, à l'Ouganda et à l'Union africaine.
"La Chine suivra de près l'évolution de l'épidémie et apportera son soutien au mieux de ses capacités, en fonction des besoins des pays africains, afin de les aider à surmonter l'épidémie au plus vite. La Chine est disposée à collaborer avec la communauté internationale pour contribuer davantage à la promotion de la paix et de la stabilité régionales et à la réalisation du développement et de la prospérité".
Ce jour, on compte 1 274 cas confirmés cumulés d’Ebola dont 360 décès, 178 personnes guéries, alors que 502 patients sont pris en charge. L’épidémie est circonscrite dans les provinces de l’Ituri (épicentre), du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La flambée de la maladie à virus Ebola se développe dans l'Est de la République démocratique du Congo, dans des zones déjà affectées par les conflits armés, les déplacements de populations et l'insécurité. Les populations concernées sont confrontées à des perturbations croissantes de leur vie quotidienne, avec un accès de plus en plus limité aux marchés, aux moyens de subsistance et aux services essentiels. Parallèlement, les systèmes de santé demeurent fortement sous pression et peinent à assurer une riposte rapide et efficace.
Selon plusieurs organisations humanitaires et partenaires de la RDC, une réponse efficace passe par un accès sécurisé aux communautés touchées par l'insécurité et les déplacements, le maintien de la surveillance aux points d'entrée, tant formels qu'informels, ainsi que la diffusion d'informations sanitaires claires, précises et fiables. Dans certaines localités, l'insécurité et les attaques visant le personnel de santé ont davantage compromis les opérations de riposte, notamment la détection des cas et le suivi des contacts.
Malgré ce contexte préoccupant, les autorités congolaises se veulent rassurantes et rejettent tout discours alarmiste. Elles mettent en avant les efforts menés en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux pour contenir l'épidémie. Elles rappellent également l'expérience acquise par le pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà fait face à seize précédentes épidémies de la maladie à virus Ebola, toutes maîtrisées grâce à d'importantes opérations de riposte.
Clément MUAMBA