Les rémunérations du président de la République, des présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, de la Première ministre et des membres du gouvernement ne sont à ce jour rendues publiques par aucune institution. C'est le constat dressé par une note d'analyse du CNPAV consacrée aux disparités de rémunération entre agents publics congolais.
Selon ce document, le salaire du chef de l'État "n'est pas connu même de lui-même", une situation qui rendrait difficile, selon les termes de la note, l'appréciation de l'évolution de son patrimoine durant l'exercice de ses fonctions. Le même constat vaut pour les présidents des deux chambres du Parlement, dont la non-publication des rémunérations alimenterait, selon le CNPAV, des spéculations sur leur montant exact. Pour la Primature et le gouvernement, la note indique que le budget alloué à ces institutions ne permet pas de déterminer la part consacrée à la rémunération de la Première ministre et des ministres.
Cette opacité contraste avec les grilles salariales de la fonction publique de carrière, elles rendues publiques par décret. Le traitement initial d'un huissier s'élève à 240 720 francs congolais, contre 390 439 francs pour un secrétaire général, selon le décret n°22/45 du 6 décembre 2022.
La Constitution congolaise, dans ses articles 12, 36 et 58, consacre le principe d'égalité devant la loi et le droit à une rémunération équitable. Le CNPAV estime que l'absence de publication des rémunérations des plus hautes autorités de l'État rend difficile l'évaluation du respect de ces dispositions.