La RDC et l’Ouganda mettent en place un laboratoire mobile pour accélérer le dépistage et soutenir la lutte contre Ebola à Aru

Un agent de santé au laboratoire de l'INRB
Un agent de santé au laboratoire de l'INRB

Face au risque de propagation de l’épidémie d’Ebola, la République démocratique du Congo et l’Ouganda ont décidé d’intensifier leur coopération sanitaire. Les autorités des deux pays ont lancé, mardi 23 juin 2026 à Aru, dans la province de l’Ituri, à au moins 300 km de Bunia, un dispositif de surveillance transfrontalière destiné à améliorer le dépistage, le suivi des cas suspects et la prise en charge des patients.

Cette collaboration prévoit notamment l’installation de laboratoires mobiles, la mise en place de centres de traitement ainsi que l’échange régulier d’informations épidémiologiques entre les services de santé congolais et ougandais. Pour la délégation congolaise, cette démarche vise également à rassurer les autorités ougandaises sur l’évolution de la situation sanitaire dans l’est du pays. 

Depuis près d’un mois, l’Ouganda a fermé sa frontière avec la RDC en raison des inquiétudes liées à l’épidémie, une mesure qui affecte fortement les mouvements des personnes et les activités économiques entre les deux pays. À Aru, à seulement six kilomètres de la frontière ougandaise, un laboratoire mobile a été mis en service afin de réduire le temps nécessaire à l’analyse des échantillons prélevés sur les cas suspects. 

« Nous invitons les utilisateurs à en faire bon usage pour que ce laboratoire soit réellement au service de la communauté concernée. Vous devez faire en sorte que les résultats des examens issus des prélèvements opérés chez les cas suspects sortent dans un délai court afin de faciliter une prise en charge rapide et efficiente. Nous invitons également la population à faire confiance au personnel de santé, à ne pas hésiter à contacter les experts sanitaires et à se rendre dans les centres prévus pour les examens rapides afin de recevoir des soins appropriés tout en respectant les mesures barrières édictées par le ministère de la Santé », a indiqué le commissaire supérieur principal Richard Mbambi, administrateur du territoire d’Aru.

De son côté, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), représentant le ministre congolais de la Santé, a souligné l’importance de cette coopération entre les deux États voisins.

« Des équipes congolaises et ougandaises travailleront ensemble de part et d’autre de la frontière. Cela permettra de renforcer la surveillance sanitaire et d’évaluer l’efficacité des dispositifs mis en place dans les deux pays », a-t-il dit.

Ce responsable de santé a insisté également sur les liens étroits qui unissent les deux pays. La RDC et l’Ouganda entretiennent d’importants échanges commerciaux, particulièrement dans les provinces de l’Est congolais où transitent quotidiennement commerçants, transporteurs et marchandises. La fluidité de ces échanges dépend largement de la maîtrise des risques sanitaires aux postes frontaliers.

Pour sa part, le docteur Moïse Agenun, médecin directeur de l’hôpital général d’Aru, qui accueille le laboratoire, salue tout de même l’initiative.

« Quand ce laboratoire n'était pas là, le séjour moyen des patients en attente de leurs résultats était autour de 7 à 8 jours. Nous avons réduit ce séjour moyen à 72 heures, tout au plus », détaille-t-il. 

La mise en place de ce mécanisme intervient dans un contexte particulier. Fin mai, le gouvernement ougandais avait décidé de fermer temporairement sa frontière avec la RDC, invoquant la progression de l’épidémie d’Ebola et les risques liés aux mouvements transfrontaliers. Cette décision avait été prise à l’issue d’une réunion du Groupe de travail national sur la riposte à Ebola présidée par le vice-président ougandais.

Selon les autorités de Kampala, seuls les convois humanitaires, les équipes de riposte, le transport de denrées alimentaires, les marchandises et les missions de sécurité restent autorisés à traverser la frontière sous un strict contrôle sanitaire

Jean-Baptiste Leni à Aru