Interrogé sur la coïncidence des sanctions américaines visant simultanément le Rwanda et Joseph Kabila, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a laissé tomber le masque de la retenue diplomatique pour livrer un témoignage personnel d'une rare intensité, jeudi, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.
Invoquant ce qu'il a lui-même appelé « la théorie du complot », articulée autour de trois axiomes : rien n'arrive au hasard, tout résulte d'une intention cachée, et la réalité officielle n'est souvent qu'une mise en scène, le ministre a affirmé que la présence de l'ancien président Joseph Kabila à Goma, sous la protection de Paul Kagame et de Sultani Makenga, constitue la confirmation d'une duplicité longtemps dissimulée.
« Les masques sont tombés », a-t-il tranché, rappelant que c'est ce même Kabila qui avait signé les décisions de radiation de Sultani Makenga des Forces armées congolaises, avant que ce dernier ne devienne son protecteur à Goma.
Le ministre a alors glissé vers le témoignage intime. « J'étais sur le chemin de la mort, parce que j'étais le seul à croire en la République », a-t-il confié, évoquant ses douze années à la tête du Nord-Kivu, marquées par des embuscades, des attentats et des tentatives de négociation dans les maquis avec les différents groupes rebelles.
« Ceux qui m'ont vu en 2017 lors de mes dix ans d'anniversaire savent que j'étais devenu l'homme le plus maigre de la planète », a-t-il ajouté, promettant de publier une photo de cette époque.
Sans formuler d'accusation directe à l'égard de son ancien patron, « Je ne fais pas de procès d'intention », Julien Paluku a néanmoins posé la question que, selon lui, tout Congolais devrait se poser : « Qui peut comprendre qu'un président honoraire, après dix-huit ans au pouvoir, se retrouve dans les bras de Kagame et garder par les troupes de Makenga qu'il a lui-même radié des FARDC ? » Avant de conclure : « On a été dupés pendant de longues années. Je le dirai tous les jours. »