L'ancien vice-premier ministre et ministre des Transports, José Makila, a interpellé lundi Mgr Donatien Nshole sur l'un des épisodes les plus sensibles de l'histoire politique récente de la RDC, lors du Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. Se présentant comme catholique convaincu, Makila a rappelé au Secrétaire général de la CENCO une phrase qu'il dit avoir prononcée lors du dialogue inter-congolais facilité par les évêques en 2016, en présence de l'actuel président de la République Félix Tshisekedi : « Chers évêques, nos pères spirituels, il ne faut pas suivre les politiciens que nous sommes parce que nous ne respectons jamais nos engagements. »
Avant de demander sans détour : « Est-ce que vous regrettez d'avoir soutenu mordicus pendant ce forum, avec tout ce que lui et ses militants sont en train de faire sur l'Église catholique aujourd'hui ? »
Mgr Nshole, qui a d'abord ironisé en rappelant que Makila « l'injuriait dans les médias » à l'époque, a rejeté le terme de soutien. « On a défendu des principes, on a défendu des valeurs. C'est le même principe que nous défendons maintenant », a-t-il répondu, avant de pointer la responsabilité des acteurs politiques eux-mêmes. « Ceux qui nous soutenaient dans cette forme de valeur, aujourd'hui ils font tout à fait le contraire », a-t-il lancé, concédant se souvenir de l'avertissement de Makila en 2016. Sa conclusion, lapidaire, a résumé l'amertume de l'échange : « Il faut une nouvelle classe politique. »