La France a appelé à une mobilisation internationale coordonnée et à une approche globale face à la menace terroriste, qu’elle considère comme l’un des principaux défis à la paix et à la sécurité internationales.
Cette position a été exprimée mercredi 5 août 2026 au Conseil de sécurité des Nations unies par Charlotte Saudin, coordinatrice politique adjointe de la France auprès de l’ONU. La diplomate française a notamment insisté sur la persistance de la menace posée par Daech, Al-Qaïda et leurs groupes affiliés, ainsi que sur la nécessité de renforcer la lutte contre leur financement et l’utilisation des nouvelles technologies à des fins de recrutement et de radicalisation.
À quelques semaines de la commémoration du 25ᵉ anniversaire des attentats du 11 septembre, Charlotte Saudin a rappelé que le terrorisme demeurait une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales.
« Cette menace continue d’évoluer et de se recomposer. Daech, Al-Qaïda et leurs affiliés font preuve d’une capacité de résilience et d’adaptation qui nous imposent de demeurer vigilants », a-t-elle déclaré, citant notamment les attaques meurtrières enregistrées au Sahel, au Nigeria et en République démocratique du Congo, où les populations civiles figurent parmi les premières victimes.
La lutte contre le financement au cœur des priorités
La France a fait de la lutte contre le financement du terrorisme l’une de ses principales priorités. Charlotte Saudin a rappelé l’importance de la résolution 2462, adoptée en 2019 par le Conseil de sécurité, ainsi que les travaux engagés dans le cadre de la conférence « No Money for Terror », organisée à Paris en mai dernier.
Selon Paris, la coopération internationale doit notamment permettre de mieux prévenir le détournement des innovations financières au profit des réseaux terroristes.
La diplomate a également alerté sur l’utilisation croissante des technologies émergentes par les groupes terroristes, notamment pour le recrutement et la radicalisation en ligne. Dans le cadre de sa présidence du G7, la France entend notamment renforcer la coopération internationale pour protéger les mineurs contre les contenus terroristes, tout en préservant les principes d’un Internet libre et ouvert.
Renforcer les capacités des États
La France plaide également pour un renforcement coordonné des capacités des États en matière de lutte antiterroriste et réaffirme son soutien aux mécanismes du Conseil de sécurité, notamment au Comité des sanctions créé par la résolution 1267.
« Dans ce contexte, la communauté internationale doit rester mobilisée pour lutter contre le terrorisme, selon une approche globale et équilibrée, qui permette de traiter l’ensemble des facteurs du terrorisme, dans le respect des droits de l’Homme et du droit international », a souligné Charlotte Saudin.
La diplomate française a également salué l’adoption récente de la neuvième revue de la Stratégie mondiale des Nations unies contre le terrorisme et indiqué que la France était disposée à soutenir sa mise en œuvre.
Les ADF parmi les menaces citées
La prise de parole française intervient alors que les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de mener des attaques dans l’est de la RDC. Actif principalement au Nord-Kivu et en Ituri, le groupe, affilié à l’État islamique sous l’appellation Province d’Afrique centrale de l’État islamique (ISCAP), est régulièrement accusé de massacres de civils, d’enlèvements, d’incendies et de déplacements de populations.
Les forces congolaises mènent des opérations conjointes avec l’armée ougandaise dans le cadre de l’opération Shujaa pour tenter de réduire les capacités des ADF. Malgré cette coopération, des attaques continuent d’être signalées dans plusieurs zones, suscitant des critiques de communautés affectées et d’acteurs de la société civile sur l’efficacité de la réponse militaire et la protection des civils.
La menace des ADF constitue un foyer supplémentaire d’instabilité dans l’est de la RDC, déjà confronté aux combats entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda.
Clément MUAMBA