Le Groupe consultatif technique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la priorisation des vaccins candidats (TAG-CVP) recommande de privilégier le vaccin Ervebo (rVSV-ZEBOV) dans le cadre d’une étude de recherche de phase 3 face à l’épidémie en cours de maladie à virus Bundibugyo (BVD) en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.
Cette recommandation figure dans le compte rendu de la troisième réunion du TAG-CVP, tenue le 31 juillet 2026 et rendu public vendredi 7 août 2026. Selon le document, le groupe s’est réuni pour examiner les nouvelles données disponibles concernant les vaccins susceptibles d’être utilisés contre le virus Bundibugyo (BDBV), responsable de cette épidémie.
« Le rapport présente la recommandation consensuelle actualisée du TAG-CVP selon laquelle, en l’absence persistante d’un vaccin spécifique contre le BDBV prêt à être évalué, Ervebo devrait être priorisé pour inclusion dans une étude de recherche de phase 3 dans le cadre de l’épidémie actuelle, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une évaluation de phase 2 préalable, tout en laissant ouverte la possibilité d’inclure ultérieurement un candidat spécifique contre le BDBV si un tel candidat devenait disponible », renseigne l’OMS.
D’après le document, à la suite de deux réunions tenues en mai 2026, le TAG-CVP s’est réuni à nouveau pour examiner de nouvelles données sur la protection croisée potentielle contre le BDBV conférée par le vaccin contre la maladie à virus Ebola Ervebo (rVSV-ZEBOV), déjà homologué.
« Le rapport synthétise les données issues d’études publiées, en prépublication et non publiées, notamment de nouvelles données d’infection expérimentale chez des primates non humains et des furets, ainsi que les résultats d’études de neutralisation des pseudovirus. Il s’appuie également sur les critères établis par le TAG-CVP pour évaluer l’innocuité, l’efficacité potentielle et la disponibilité des vaccins candidats en cas d’épidémie », ajoute le compte rendu de la réunion.
Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la Santé précise qu’afin de recueillir rapidement des données susceptibles d’éclairer les décisions de politique sanitaire, elle recommande que ce vaccin soit évalué dans le cadre d’un essai clinique prioritaire utilisant une stratégie de vaccination en anneau, une approche qui a déjà été utilisée par le passé.
En parallèle, l’OMS indique travailler avec ses partenaires afin de lancer cet essai dans les meilleurs délais. Celui-ci constitue une étape vers une utilisation élargie du vaccin, s’il est démontré qu’il protège effectivement les populations contre la maladie.
« La collaboration avec les communautés sera essentielle pour favoriser l’acceptation et la participation à l’essai. Le groupe consultatif continuera d’examiner les nouvelles données et preuves disponibles afin d’ajuster ses recommandations si nécessaire », rassure l’OMS
La résurgence actuelle du virus Bundibugyo en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda ravive la question de la disponibilité d’un vaccin susceptible d’offrir une protection aux populations exposées. Aucun vaccin spécifiquement homologué contre le virus Bundibugyo (BDBV) n’étant actuellement disponible, les recherches portent notamment sur la possibilité qu’un vaccin déjà autorisé contre le virus Ebola puisse conférer une protection croisée.
Le virus Bundibugyo, responsable de la maladie à virus Bundibugyo, une fièvre hémorragique virale pouvant être mortelle, avait été identifié pour la dernière fois lors d’une flambée majeure il y a plus d’une décennie. Sa réapparition en Afrique centrale et de l’Est suscite aujourd’hui de nouvelles inquiétudes sanitaires.
En République démocratique du Congo, une nouvelle flambée dans l’est du pays s’est ensuite étendue à l’Ouganda. Le virus peut entraîner des formes sévères de la maladie et provoquer le décès d’une proportion importante des personnes infectées. Le 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que la situation constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), son niveau d’alerte le plus élevé.
À ce jour, il n’existe ni vaccin spécifiquement homologué ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Cette situation explique l’intérêt porté au vaccin Ervebo (rVSV-ZEBOV), déjà homologué contre la maladie à virus Ebola, dont l’efficacité potentielle contre le BDBV doit désormais être évaluée dans le cadre d’un essai clinique.
Clément MUAMBA