Dans la sous-division de Rutshuru 2 au Nord-Kivu, 535 élèves sur les 3 498 inscrits à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) n’ont pas pris part à la session 2026, soit un taux d’absence avoisinant 15 %, selon les autorités éducatives locales.
L’insécurité persistante dans le territoire de Rutshuru, liée aux affrontements entre les rebelles de l’AFC/M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par leurs alliés les miliciens wazalendo, continue d’affecter le secteur de l’éducation.
Selon Henri Tunga Gisamonyo, les zones de Lusuli-Mirangi, Ibuga-Kashuga, Birambizo et Kanyangohe-Karambi figurent parmi les plus touchées. Ces entités, régulièrement confrontées à l’insécurité liée au conflit armé dans la région, enregistrent un nombre élevé d’abandons scolaires.
Outre la situation sécuritaire, la perception des frais scolaires dans certaines écoles primaires du Nord-Kivu 1, sous administration de la rébellion de l’AFC/M23, est également signalée comme un facteur influençant la scolarisation. Cette pratique intervient en dépit du principe de gratuité de l’enseignement primaire.
Dans les zones sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23, des frais de scolarité ont été imposés pour le fonctionnement des établissements publics et privés. Pour les écoles maternelles et primaires, ces frais s’élèvent à 8 000 francs congolais par trimestre, soit 24 000 FC par an. Dans l’enseignement secondaire, notamment en 7ᵉ, 8ᵉ années et autres options, la contribution parentale est fixée à 10 000 FC par trimestre, soit 30 000 FC par an.
De son côté, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a mis en garde contre la perception des frais scolaires, y compris dans les zones occupées par les rebelles de l’AFC/M23. Dans un communiqué, le ministère a rappelé que la gratuité de l’enseignement primaire public est un principe constitutionnel et que toute dérogation constitue une injustice, des mesures qui, selon les constats, n’ont pas été appliquées sur le terrain.
Josué Mutanava, à Goma