Au total, 39 personnes ont été rapatriées en République démocratique du Congo en provenance du Rwanda, dans l'après-midi du mercredi 29 juillet, par le poste frontalier de la Grande Barrière, entre Goma et Gisenyi. Ces personnes ont été accueillies après un séjour au centre de Mutobo, au Rwanda.
Selon les informations recueillies auprès des personnes rapatriées, elles auraient été transférées au Rwanda dans le cadre du programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) de la MONUSCO, étant présentées comme des membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une appartenance qu'elles contestent.
À leur arrivée à la Grande Barrière, elles ont été accueillies par le maire de Goma de l'AFC/M23, Désiré Ngabo Kisuba.
Les personnes rapatriées affirment être des citoyens congolais, majoritairement originaires des territoires de Masisi et de Rutshuru. Elles soutiennent avoir été sensibilisées et convaincues par le personnel de la MONUSCO et le gouvernement congolais d'accepter d'être présentées comme des combattants FDLR.
Réagissant à cette opération, le porte-parole adjoint de l'AFC/M23, Oscar Balinda, a souligné que les 39 ressortissants congolais ont été présentés à tort comme des FDLR. Il accuse la MONUSCO et le gouvernement congolais d'avoir recruté ces personnes et de les avoir présentées comme des combattants des FDLR avant leur transfert au Rwanda. Il affirme que les autorités rwandaises auraient vérifié leur identité et constaté qu'elles n'étaient pas des citoyens rwandais, contrairement aux véritables ex-combattants des FDLR qui retournent dans leurs villages d'origine dans le cadre des opérations de rapatriement.
Cette opération intervient alors que le gouvernement congolais a annoncé avoir trouvé un accord de désarmement, démobilisation des combattants FDLR avant leur retour au Rwanda ou leur réinstallation dans des pays tiers. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a toutefois estimé que ce protocole « ne correspond en rien » à l'accord de paix signé le 4 décembre 2025 à Washington par la RDC et le Rwanda.
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sont un groupe armé composé à l'origine d'anciens responsables du génocide rwandais de 1994 ayant trouvé refuge en République démocratique du Congo. Leur présence dans l'est de la RDC est régulièrement invoquée par le Rwanda pour justifier ses interventions militaires sur le territoire congolais. La neutralisation de ce groupe figure parmi les engagements pris par la RDC dans le cadre de l'accord de paix de Washington.
Josué Mutanava, à Goma