La République démocratique du Congo (RDC), qui assure depuis le 1er juillet 2026 la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, dans le cadre de la rotation mensuelle prévue entre les membres de cet organe, s'apprête à céder le flambeau de cette institution, l'un des principaux organes de l'Organisation des Nations unies (ONU), créée par la Charte des Nations unies et investie de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Cette responsabilité s'inscrit dans le cadre de son mandat de membre non permanent pour la période 2026-2027. La RDC, qui avait succédé à la Colombie, laquelle a assuré cette présidence tout au long du mois de juin, s'apprête à transmettre, dès ce samedi 1er août 2026, la présidence au Danemark, qui dirigera les travaux du Conseil durant le mois d'août, conformément à l'ordre alphabétique anglais des États membres.
À cet effet, la représentation permanente du Danemark auprès de l'ONU s'active déjà, conformément aux règles de fonctionnement de l'organisation, afin d'assurer la relève de la RDC et de conduire les travaux du Conseil de sécurité tout au long du mois d'août.
"En prévision de ma présidence du Conseil de sécurité de l'ONU en août, j'ai rencontré la présidente de l'Assemblée générale, Annalena Baerbock pour une discussion approfondie sur les défis qui nous attendent", a écrit sur son compte X Christina Markus Lassen, ambassadrice de Danemark auprès des Nations Unies.
Élue le 3 juin 2025 par l'Assemblée générale des Nations unies avec 184 voix sur 187 votants et installée en janvier 2026, la RDC avait signé ainsi son retour au sein de l'organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, après deux précédents mandats exercés en 1982-1983 et en 1990-1991. Pour le gouvernement de la RDC, cette présidence est intervenue « dans un contexte marqué par de nombreux défis à la paix et à la sécurité internationales ».
Selon la représentation congolaise au début du mois de juillet, « durant ce mois de présidence, la RDC s'était donnée pour ambition de contribuer, avec responsabilité et engagement, aux efforts collectifs du Conseil en faveur du dialogue, de la prévention des conflits, de la protection des civils et du multilatéralisme ».
Pour son mandat à la tête du Conseil de sécurité des Nations unies, Kinshasa avait défini deux axes prioritaires : le renforcement de la paix et de la sécurité, ainsi que la prévention et la résolution des conflits. Ces priorités ont guidé les travaux que la délégation congolaise a entendus promouvoir à la tête du Conseil durant le mois de juillet.
Selon le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger, dirigé par Thérèse Kayikwamba Wagner, cette présidence constituait « une occasion historique pour la RDC de contribuer activement aux réflexions internationales sur les défis contemporains de paix et de sécurité et de promouvoir un multilatéralisme fondé sur le dialogue, le respect du droit international et la recherche de solutions durables ».
« Placée sous la devise du mandat congolais, "Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme", cette présidence sera guidée par la conviction que les conflits contemporains ne peuvent être durablement résolus sans s'attaquer à leurs causes profondes. La gouvernance responsable des ressources naturelles, la protection des populations civiles, la lutte contre l'impunité, la justice transitionnelle, l'agenda Femmes, Paix et Sécurité, l'implication des jeunes dans la consolidation de la paix, ainsi que le renforcement des partenariats avec les organisations régionales, en particulier l'Union africaine, constitueront les principaux axes de cette présidence », expliquait le ministère dans le communiqué annonçant la présidence de la RDC.
Selon la même source, trois événements de haut niveau ont illustré cette ambition. Le premier s'est tenu le 8 juillet, lorsque la Première ministre, Judith Suminwa, a présidé un briefing du Conseil consacré aux violences sexuelles liées aux conflits. Cette réunion a mis en lumière le coût humain des économies de guerre, ainsi que la nécessité de renforcer la prévention, la protection des survivantes, la lutte contre l'impunité et les mécanismes de réparation.
Le 13 juillet, la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a présidé une réunion selon la formule « Arria », consacrée au lien entre les ressources naturelles, les conflits et la paix. Cette rencontre a ouvert une réflexion sur les lacunes du cadre normatif international face aux économies de guerre et sur les perspectives d'un cadre plus cohérent en matière de gouvernance des ressources naturelles. Enfin, le 22 juillet, un débat public de haut niveau sur le thème « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité », initialement prévu sous la présidence du président de la République, Félix Tshisekedi, a finalement été dirigé par la ministre d'État, Thérèse Kayikwamba Wagner, le chef de l'État n'ayant plus effectué le déplacement. Organisé en présence du secrétaire général de l'ONU, ce débat visait à promouvoir une approche intégrée faisant des ressources naturelles un levier de prévention des conflits, de coopération internationale, de développement durable et de prospérité partagée.
À travers cette présidence, la République démocratique du Congo s'était donné pour mission, selon la même source, de mettre son expérience au service de la communauté internationale. Selon le ministère dirigé par Thérèse Kayikwamba Wagner, elle exerce cette responsabilité dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de coopération, avec la volonté de contribuer à l'élaboration de réponses internationales plus intégrées, plus préventives et plus durables aux défis contemporains de la paix et de la sécurité.
« Convaincue que les États directement confrontés aux conflits ont également un rôle à jouer dans l'élaboration des solutions collectives, la RDC entend apporter sa contribution aux réflexions internationales sur la prévention des conflits et la consolidation d'une paix durable » souligne le ministère des Affaires étrangères.
Depuis janvier 2026, les drapeaux de cinq nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2026-2027 flottent au siège de l'ONU à New York. Il s'agit de Bahreïn, de la Colombie, de la République démocratique du Congo, de la Lettonie et du Libéria.
Cette cérémonie protocolaire, organisée le jeudi 2 janvier 2026 à l'occasion de leur entrée en fonction, marquait le début de leur mandat de deux ans au sein de l'organe chargé notamment de décider des opérations de maintien de la paix, des régimes de sanctions ainsi que de l'orientation politique et sécuritaire des réponses aux crises internationales.
Les membres non permanents du Conseil de sécurité ne disposent pas du droit de veto, réservé aux cinq membres permanents, mais participent pleinement aux votes et aux négociations, avec une réelle capacité d'influence sur l'ordre du jour et le contenu des textes.
Dans ce cadre, la République démocratique du Congo et le Libéria ont intégré le groupe des A3, qui désigne les trois États africains siégeant simultanément au Conseil de sécurité en tant que membres non permanents. Cette appartenance implique une coordination avec les autres membres africains élus ainsi qu'un rôle de relais des positions de l'Union africaine sur les dossiers concernant le continent.
Clément MUAMBA