Journée ville morte : il y a eu un rejet populaire, selon le gouvernement

Tshangu_Debonhomme
Tshangu_Debonhomme

Alors que l'opposition politique et d'autres forces sociales réunies au sein de la coalition C64 qui se présente comme gardienne de la Constitution de 2006 face à un projet de révision ou de changement de la Constitution par le régime Tshisekedi, considèrent comme un "succès" la journée "ville Morte" observée mercredi 3 juin à Kinshasa, du côté du gouvernement, cette initiative est plutôt perçue comme un "fiasco". Le gouvernement affirme que l'appel n'a pas rencontré l'adhésion de la population congolaise.

Interrogé par la presse lors d'un briefing de presse ce jeudi 4 juin, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a estimé que les activités se sont déroulées normalement dans la capitale, ainsi que dans plusieurs autres agglomérations du pays.

Le ministre de la Communication et Médias a également dénoncé ce qu'il qualifie de campagne de désinformation ayant accompagné cette initiative. Il a accusé les promoteurs de la journée "ville Morte"  d'avoir eu recours à des méthodes qu'il juge similaires à celles attribuées au Rwanda et à la rébellion de l'AFC/M23.

"Je crois que vous avez constaté avec moi que la ville était vivante et que ceux qui devaient vaquer à leurs occupations l'ont fait. Nous étions dans nos cabinets et nous avons eu cette réunion extraordinaire du Conseil des ministres. Je constate que les invocateurs et les promoteurs de l'esprit de mort ont malheureusement imité les activités ou les actions du père et du fils (NDLR:Rwanda et AFC/M23). J'ai vu des deep fakes, des vidéos manipulées de la ministre de l'Éducation nationale. Ils pouvaient mieux faire parce que c'était totalement mal fait. J'ai vu des communiqués truqués. J'ai vu qu'il y avait des messages d'intimidation, des messages d'appel à la violence", a déclaré Muyaya.

Patrick Muyaya a réaffirmé la détermination du gouvernement à continuer de travailler pour le bien-être des Congolais. Il a notamment cité les efforts engagés en faveur du retour de la paix, la riposte aux différentes crises sanitaires, dont Ebola, ainsi que les actions visant à renforcer la sécurité des populations, particulièrement dans l'Est du pays.

"De toute évidence, le peuple a donné sa réponse. Pour ce qui nous concerne, nous allons continuer à travailler pour le bien du peuple congolais, à régler la question de la riposte à laquelle nous travaillons très efficacement d'ailleurs, ainsi que la question de la sécurité pour nos populations de l'Est. C'est bien cela le plus important", a-t-il affirmé.

Après la journée "ville Morte", l'opposition congolaise a annoncé deux nouvelles actions coordonnées dans les prochains jours afin de poursuivre sa mobilisation contre ce qu'elle considère comme un projet de changement de la Constitution.

Le 9 juin prochain, elle prévoit de déposer une plainte formelle contre le président Félix Tshisekedi pour "coup d'État contre la Constitution". Une qualification juridique rare et délibérément provocatrice qui, selon les opposants, vise à placer le chef de l'État au cœur d'un contentieux judiciaire portant sur un éventuel projet de modification de la loi fondamentale.

Trois jours plus tard, soit le 12 juin, l'opposition entend descendre dans la rue en organisant un sit-in devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais. Ce lieu symbolique a été choisi en raison de son rôle central dans les débats et décisions relatifs à l'avenir constitutionnel du pays.

Clément MUAMBA