Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima, a rappelé lundi 25 mai, la nécessité de maintenir une dynamique permanente dans la préparation des élections, estimant qu’il ne devrait pas exister de "temps mort" entre les cycles électoraux en République démocratique du Congo.
S’exprimant lors de la projection officielle du film documentaire « Le Centre Électoral Bosolo – La vérité des urnes à visage découvert » dans un contexte où les questions électorales semblent être reléguées au second plan en raison de la guerre d’agression, Denis Kadima a souligné que la gestion électorale doit être envisagée comme un processus continu.
"Depuis qu’il y a eu les élections en 2023, il semble y avoir une sorte de temps mort, alors qu’il ne doit pas y avoir de temps mort", a déclaré le président de la CENI.
Selon lui, le prochain cycle électoral devrait commencer immédiatement après la clôture du précédent, conformément aux principes de gestion moderne des processus électoraux.
"Les élections doivent se gérer en termes de cycle électoral. Le cycle suivant commence à la fin du cycle précédent. Mais chez nous, on a tendance à attendre deux ans ou dix-huit mois avant les élections, puis tout le monde se met à courir", a-t-il souligné.
Par ailleurs, le président de la CENI a regretté que les difficultés observées durant les préparatifs électoraux soient souvent imputées uniquement aux gestionnaires des élections, en l’occurrence la Commission électorale nationale indépendante, alors que plusieurs institutions interviennent dans l’organisation et les préparatifs des scrutins.
"Quand il y a des ratés, on condamne immédiatement le gestionnaire des élections", a-t-il déploré.
Cette interpellation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) intervient dans un contexte où la feuille de route de la CENI pour le cycle électoral 2025-2029 accuse un retard critique dans sa mise en œuvre. Près d’une année après sa publication, plusieurs activités préliminaires essentielles à la préparation des scrutins de 2028 demeurent inachevées, principalement en raison de contraintes financières et du faible décaissement des fonds attendus du gouvernement de la République.
En dépit de cette situation, les dirigeants de l’institution continuent d’afficher leur optimisme quant à l’exécution de cette feuille de route. Ils espèrent que le gouvernement finira par assumer pleinement sa responsabilité en dotant la CENI des moyens nécessaires à la préparation du prochain cycle électoral. À ce sujet, le deuxième vice-président de la CENI, Didi Manara, avait déclaré lors d’une activité organisée par l’Église du Christ au Congo (ECC) que le respect du délai constitutionnel, notamment la tenue des élections en 2028, restait possible à condition que le gouvernement joue pleinement son rôle.
Clément MUAMBA