Est de la RDC: le gouvernement se réjouit de retour progressif des populations dans le Sud-Kivu et estime à plus d’un million de retournés au 30 avril 2026

Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu
Déplacés de Rutshuru au Nord-Kivu

La ministre d’État des affaires sociales, actions humanitaires et solidarité nationale, Ève Bazaiba, a présenté la situation humanitaire en République démocratique du Congo pour la période allant du 10 au 16 mai 2026. Selon sa note d’information reprise dans le compte-rendu de la réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 22 mai, et d’après le mécanisme national de veille humanitaire, plusieurs alertes ont été enregistrées durant la période concernée confirmant la persistance de certaines tensions humanitaires dans le pays.

D’après la ministre, ces alertes concernent principalement des mouvements massifs de populations liés à l’insécurité persistante dans l’Est de la RDC, ainsi que des dégâts matériels causés par des vents violents accompagnés de fortes pluies. Selon Ève Bazaiba, ces éléments confirment la vulnérabilité de certaines zones face aux facteurs sécuritaires et climatiques, qui continuent d’alimenter les déplacements internes de populations.

Situation des populations retournées dans le Sud-Kivu

Le rapport gouvernemental indique également une évolution importante concernant les populations retournées. Sur la période allant du 1er novembre 2024 au 30 avril 2026, les données validées font état d’un cumul de 1.639.708 personnes retournées, enregistrées dans plusieurs territoires et villes de la province du Sud-Kivu

"S'agissant de la situation des populations retournées, les données validées  couvrant la période allant du 1er novembre 2024 au 30 avril 2026 renseignent  un total cumulé de 1.639.708 personnes retournées enregistrées dans plusieurs territoires et villes de la province du Sud-Kivu. Les territoires les plus affectés  sont notamment Uvira, Kalehe, Walungu et Fizi", rapporte le compte-rendu de la réunion.

Ce retour des populations intervient à la suite de la cérémonie symbolique marquant la relance des échanges transfrontaliers, après plusieurs mois de fermeture consécutifs aux tensions sécuritaires liées aux activités de l’AFC/M23.L’arrivée de la délégation gouvernementale, qui avait présidé cette cérémonie d’ouverture de la frontière, s’inscrit également dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des actions visant à restaurer l’autorité de l’État. Ces actions ont été engagées depuis le retrait de la rébellion de l’AFC/M23, consécutif aux pressions américaines exercées sur ce mouvement ainsi que sur son parrain, Kigali.

Cette évolution de la situation sur le terrain intervient à la suite de la tournée de la commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises ainsi que de l’égalité, Hadja Lahbib. Elle a bouclé sa mission humanitaire dans la région des Grands Lacs à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où elle a été reçue, vendredi 20 février, par les dirigeants de la rébellion, conduits par leur coordonnateur politique, Corneille Nangaa. À Kinshasa, Bujumbura, Kigali et Goma, Hadja Lahbib a délivré un message constant : appeler au respect strict du droit international humanitaire par toutes les parties prenantes au conflit.

Ville stratégique dans le dispositif sécuritaire du gouvernement congolais au Sud-Kivu, Uvira était passée sous le contrôle de l’AFC/M23, renforçant ainsi l’emprise de la rébellion dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce verrou sécuritaire est perçu comme un point clé susceptible de faciliter une avancée vers l’espace du Grand Katanga, considéré comme le poumon économique de la RDC.

Clément MUAMBA