Le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter la scène politique nationale. Alors que plusieurs acteurs politiques et sociaux s’interrogent sur l’opportunité de modifier la loi fondamentale du 18 février 2006, le Congrès National Congolais (CNC) vient de franchir une nouvelle étape en déposant officiellement un projet de nouvelle Constitution auprès de l’Union sacrée de la Nation. Le document a été réceptionné au siège de la plateforme présidentielle par André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation.
Le président du CNC, Pius Muabilu, a défendu cette initiative lundi 25 mai à Kinshasa, estimant que l’actuelle Constitution avait été conçue comme une réponse à des problèmes conjoncturels liés au contexte de guerre et aux accords entre anciens belligérants.
« L’actuelle Constitution était une solution aux problèmes conjoncturels des belligérants. La changer est aujourd’hui la seule option pour l’adapter aux réalités actuelles et en faire un véritable instrument au service du peuple », a déclaré le leader du CNC lors de la remise officielle du document à la Haute Autorité de l’Union sacrée de la Nation.
Selon Pius Muabilu, cette proposition est le résultat d’une réflexion approfondie menée par les experts de son parti sur les limites et les faiblesses de la Constitution du 18 février 2006. Pendant dix jours, ces experts ont passé en revue plusieurs dispositions jugées inadaptées aux défis politiques, institutionnels et sociaux auxquels le pays fait face aujourd’hui.
À l’issue de ces travaux, le CNC affirme avoir opté pour une « décision radicale », celle du changement constitutionnel. Pour le parti, la future loi fondamentale doit répondre aux problèmes structurels du peuple congolais et renforcer l’efficacité de l’État.
Le leader du CNC soutient également que certaines dispositions de l’actuelle Constitution devraient être supprimées ou modifiées dans le nouveau texte proposé. Toutefois, il a précisé que la primeur des articles concernés était réservée à la Haute Autorité de l’Union sacrée de la Nation avant toute communication publique.
Pius Muabilu appelle les Congolais à adhérer à cette démarche qu’il qualifie de « salvatrice » pour l’avenir du pays. Afin de vulgariser cette initiative, le CNC annonce le déploiement, dès la semaine prochaine, des membres de son Bureau politique à travers les différentes provinces du pays. Leur mission consistera à expliquer le bien-fondé du projet et à sensibiliser la population sur la nécessité d’une nouvelle Constitution.
Tandis que les partisans du changement estiment qu’une réforme est indispensable pour adapter les institutions aux réalités actuelles, d’autres voix craignent que toute modification de la Constitution n’ouvre la voie à des tensions politiques dans un contexte déjà marqué par de nombreux défis sécuritaires et socio-économiques.