Les ministres de la Santé de la République démocratique du Congo (RDC), de la République de l’Ouganda et de la République du Soudan du Sud, aux côtés du directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, ainsi que des représentants de l’OMS, de l’UNICEF, du FNUAP et d’autres partenaires techniques ont adopté un plan de coordination transfrontalière contre la maladie à virus Ebola Bundibugyo, qui sévit actuellement dans la région des Grands Lacs.
C’est ce qu’il faut retenir de la réunion ministérielle de haut niveau consacrée à la coordination transfrontalière de la riposte contre l’épidémie, tenue les 22 et 23 mai 2026 à Kampala, en Ouganda, sous le thème " Solidarité régionale, préparation et réponse coordonnée". Les participants se sont dits conscients que la maladie à virus Ebola (MVE) demeure une menace majeure de santé publique, avec de graves conséquences sanitaires, humanitaires, sociales et économiques pour les pays affectés et la région.
Le communiqué conjoint adopté comprend douze engagements visant à renforcer la riposte transfrontalière contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo. Il reconnaît le risque régional accru lié à la porosité des frontières, aux corridors commerciaux et miniers actifs, aux crises humanitaires, aux déplacements de populations, à l’insécurité ainsi qu’aux limites des capacités de surveillance et de préparation aux points d’entrée et dans les communautés frontalières.
Voici les actions et engagements convenus
• Renforcer la surveillance transfrontalière et les systèmes d'alerte précoce;
• Harmoniser la préparation aux points d'entrée et le suivi de la mobilité des populations;
• Protéger les agents de première ligne et les communautés vulnérables;
• Renforcer l'engagement communautaire;
• Renforcer les systèmes de laboratoire et les capacités diagnostiques;
• Renforcer la prise en charge clinique ainsi que la prévention et le contrôle des infections;
• Renforcer la communication des risques et l'engagement communautaire;
• Renforcer la coordination opérationnelle et la gestion des incidents;
• Mobiliser un financement durable et un soutien opérationnel;
• Renforcer la préparation régionale et la sécurité sanitaire;
• Maintenir un leadership politique de haut niveau et la solidarité régionale;
• Faire progresser durablement la sécurité sanitaire régionale
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
Clément MUAMBA