RDC : la Coalition C5 interpelle Évariste Ndayishimiye sur la place de la « majorité silencieuse » dans les médiations

Photo d'illustration
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La Coalition de l'Article 5 (C5) appelle le président du Burundi et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, à élargir les consultations sur la crise politique en République démocratique du Congo. La plateforme estime que les initiatives de médiation ne devraient pas se limiter aux leaders politiques, aux responsables religieux et à certaines organisations de la société civile, mais intégrer également la « majorité silencieuse » du peuple congolais.

L'interpellation a été formulée le dimanche 12 juillet à Lubumbashi par le coordonnateur national de la Coalition de l'Article 5, Maître Caleb Banza Mwembo, lors d'un point de presse consacré à la présentation d'une correspondance adressée au chef de l'État burundais. Selon la plateforme, cette lettre, rédigée le 6 juillet et réceptionnée le 9 juillet à l'ambassade du Burundi à Kinshasa, vise à attirer l'attention de l'Union africaine sur la nécessité d'un processus de médiation plus inclusif.

La C5, qui regroupe des mouvements de jeunes issus de la société civile et de différents partis politiques, estime que les discussions engagées autour de la crise congolaise accordent une place prépondérante aux états-majors politiques, aux confessions religieuses et à quelques acteurs de la société civile, alors qu'une grande partie de la population reste en marge de ces consultations.

« Nous lançons une alerte parce que nous avons l'impression que l'on est en train de répéter les erreurs du passé. Les consultations se limitent toujours aux mêmes acteurs, alors qu'il existe une majorité silencieuse qui mérite aussi d'être entendue », a déclaré Maître Caleb Banza.

La souveraineté populaire au centre de la démarche

S'appuyant sur l'article 5 de la Constitution, dont la coalition tire son nom, la C5 affirme ne soutenir ni la majorité au pouvoir ni l'opposition. Elle dit défendre avant tout le principe selon lequel la souveraineté appartient exclusivement au peuple.

Pour Maître Caleb Banza, aucun responsable politique, religieux ou membre de la société civile ne peut durablement parler au nom de tous les Congolais.

« Nous ne défendons ni un homme ni un camp politique. Nous défendons le droit reconnu au peuple par l'article 5 de la Constitution. Aucun individu ou aucune portion du peuple ne peut en détenir l'exercice », a-t-il affirmé.

Selon lui, la volonté populaire ne peut s'exprimer qu'à travers les mécanismes prévus par la Constitution, notamment les élections et le référendum.

Au-delà de son appel à l'Union africaine, la Coalition de l'Article 5 plaide pour un débat constitutionnel centré sur les préoccupations réelles des Congolais. La plateforme estime que toute éventuelle consultation référendaire devrait être précédée d'un débat national permettant aux citoyens de comprendre les enjeux liés aux réformes institutionnelles.

Elle souhaite également que les discussions portent davantage sur les préoccupations quotidiennes de la population, notamment l'emploi, la sécurité et le développement.

« Nous voulons un référendum libre, apaisé et éclairé. Il faut dire la vérité au peuple, sans manipulation, sans tribalisme et sans personnalisation du débat. Les hommes passent, mais les institutions demeurent », a insisté Maître Caleb Banza.

La Coalition C5 appelle par ailleurs à une implication accrue de la jeunesse dans les réflexions sur l'avenir du pays. Elle rappelle que les jeunes représentent plus de 70 % de la population congolaise et qu'ils doivent être associés aux décisions qui engagent l'avenir de la nation.

Pour la plateforme, les solutions à la crise politique doivent être élaborées avec les citoyens plutôt qu'exclusivement dans les cercles politiques.

« La destinée de notre pays ne devrait pas se dessiner dans les salons politiques de Kinshasa ou de Lubumbashi. Elle doit être l'expression de la volonté de tout un peuple », a soutenu Maître Caleb Banza.

Répondant aux questions des journalistes, le coordonnateur de la C5 a précisé que cette correspondance ne constitue pas une demande d'audience auprès du président burundais. Elle vise plutôt à sensibiliser les médiateurs africains à la nécessité de prendre en considération la « majorité silencieuse » dans les initiatives de paix et de dialogue.

Selon la Coalition de l'Article 5, une solution durable à la crise politique congolaise passe par un processus véritablement inclusif, où chaque citoyen peut participer librement aux choix qui engagent l'avenir du pays.

« Notre démarche est une alerte. En République démocratique du Congo, chaque citoyen compte. La voix de chaque Congolais a la même valeur et le peuple doit rester au cœur de toute décision politique majeure », a conclu Maître Caleb Banza.»

Il est à rappeler que la Coalition de l'Article 5 de la Constitution a vu le jour en juin dernier à Lubumbashi dans le Haut-Katanga et regroupe des mouvements de jeunes issus de la société civile et de différents partis politiques.

José Mukendi