En visite à Bunia, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, a rencontré les membres des équipes chargées des Enterrements dignes et sécurisés (EDS), mobilisées dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. Au cœur des échanges : les conditions de travail, les retards de paiement des primes de risque et les difficultés auxquelles ces agents sont confrontés au quotidien.
Les intervenants ont notamment dénoncé l'insuffisance de leurs primes, les retards dans leur paiement ainsi que l'absence de prise en charge alimentaire pendant leurs missions sur le terrain.
Au nom des équipes EDS, Sephora a décrit des conditions de travail qu'elle juge particulièrement éprouvantes.
« On ne mange pas. Par exemple, nous venons tout juste d'atterrir, et nous n’avons pas mangé depuis notre départ. Mais quand même, on donne de l'eau. Si ce sera possible aussi pour ce cas, je vous supplierais aussi de nous aider et de nous donner même quelque chose à manger », a-t-elle plaidé devant le ministre.
Ces doléances interviennent dans un contexte de fortes tensions au sein de la riposte en Ituri. Ces dernières semaines, plusieurs catégories de prestataires ont observé des mouvements de grève pour dénoncer les retards de paiement de leurs primes, estimant que ces difficultés risquaient d'affecter la continuité des interventions contre Ebola.
En réponse, le ministre Roger Kamba a annoncé une série de mesures destinées à assainir le système de rémunération des intervenants et à mettre fin aux irrégularités constatées dans les fichiers de paiement.
« Je suis venu aujourd'hui pour m'assurer de l'augmentation de vos primes. Mais ce que nous refusons catégoriquement, c'est le désordre. On ne peut pas avoir une liste officielle des agents qui travaillent, puis voir surgir une autre liste parallèle. C'est ainsi que naissent les problèmes. C'est pourquoi j'ai ordonné la délivrance de cartes biométriques à tous ceux qui sont réellement sur le terrain. Vos données ne pourront plus être modifiées. Le paiement se fera désormais directement sur ces cartes : aucun intermédiaire entre vous et le Gouvernement. Nous voulons de la transparence et un suivi rigoureux », a déclaré le ministre de la Santé.
Le gouvernement espère que cette réforme permettra de restaurer la confiance des équipes de terrain et d'assurer la continuité des opérations de riposte, alors que l'Ituri demeure l'épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo.
Freddy Upar, à Bunia