La résurgence de l’épidémie d’Ebola en province de l’Ituri prend une tournure préoccupante. Alors que 59 malades sont déjà hospitalisés et que 91 décès probables sont recensés, aucun centre d’isolement ou de traitement n’est encore opérationnel dans les principales zones touchées par la maladie.
En visite éclair à Bunia ce dimanche 17 mai, le ministre national de la Santé publique, Roger Kamba, a reconnu l’ampleur de la situation sanitaire tout en assurant que le gouvernement tente d’accélérer la riposte.
"D’abord, je suis venu constater la situation très rapidement. Le diagnostic a été confirmé jeudi soir et le gouvernement a voulu montrer qu’on ne peut pas laisser nos populations se débrouiller seules pendant plusieurs jours", a déclaré le ministre après un tête-à-tête avec le gouverneur militaire de l’Ituri et une visite du laboratoire de Bunia.
Selon Roger Kamba, les équipes médicales déployées avant même sa mission ont permis de confirmer officiellement la présence du virus Ebola le 14 mai, avant la déclaration officielle de l’épidémie le lendemain.
Mais malgré le déploiement progressif des équipes de riposte, les infrastructures spécialisées manquent encore sur le terrain.
"Il n’y a pas encore de centre d’isolement ni à Bunia, ni à Rwampara, moins encore à Mongbwalu", a reconnu le ministre.
Face à cette situation, Kinshasa annonce désormais des mesures d’urgence. Des sites destinés à accueillir les centres de traitement ont déjà été identifiés dans les trois zones concernées avec l’appui des autorités provinciales.
"Les sites sont déjà choisis à Rwampara, à Mongbwalu et ici à Bunia. Ce matin, nous avons amené toutes les tentes pour monter les centres de traitement", a expliqué Roger Kamba.
Le ministre a également alerté sur la pression croissante exercée sur les structures sanitaires locales.
"Les hôpitaux sont déjà sous tension", a-t-il insisté.
Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé, 59 patients sont actuellement pris en charge dans les structures sanitaires tandis qu’environ 350 cas suspects restent sous surveillance.
"Les 91 décès déclarés sont des décès probables. Les investigations vont permettre de confirmer combien sont réellement liés à Ebola", a précisé le ministre.
Dans son message à la population, Roger Kamba a tenté de rassurer face aux rumeurs et à la peur qui entourent souvent cette maladie.
"Ce n’est pas une maladie mystique. Plus vite on va prendre le malade en charge, plus vite on va le soigner et arrêter la propagation du virus", a-t-il déclaré, invitant les habitants à se présenter rapidement dans les centres de santé en cas de symptômes suspects.
Le ministre a également confirmé que, pour l’instant, les écoles et universités restent ouvertes en attendant une évaluation approfondie de la cartographie des risques par les équipes sanitaires.
Après sa visite à Bunia, Roger Kamba a regagné Kinshasa, laissant sur place les équipes du Centre d’opération d’urgence de santé publique chargées de poursuivre le déploiement de la riposte.
Freddy Upar, à Bunia