Bicéphalisme à l’AFDC: le comité fédéral du Nord-Kivu désavoue les "frondeurs" au profit de Bahati Lukwebo et soutient les initiatives diplomatiques pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC

Jean de Dieu Banyenge, vice-président national du Comité fédéral de l'AFDC/Nord-Kivu
Jean de Dieu Banyenge, vice-président national du Comité fédéral de l'AFDC/Nord-Kivu

Alors que l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), formation politique du sénateur Modeste Bahati Lukwebo est secouée par les départs de certains membres allant jusqu’à se considérer comme chefs de l’organisation politique au détriment de Bahati Lukwebo, certaines fédérations dénoncent cette démarche et continuent de reconnaître Modeste Bahati Lukwebo comme l’unique autorité statutaire habilitée à engager le parti. C’est notamment le cas de la fédération du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC.

Pour le comité fédéral de l’AFDC/Nord-Kivu, composé de la Ligue des femmes, de la Ligue des jeunes, des ONG et associations alliées, ainsi que des cadres, des militants et des sympathisants, les personnes ayant orchestré cette " prétendue " déclaration désavouant Modeste Bahati sont des individus totalement inconnus dans les fichiers de l’organisation politique, sans mandat ni qualité au sein des instances dirigeantes du parti.

Selon Jean de Dieu Banyenge, vice-président national, il s’agit d’éléments manipulés, recrutés dans le seul but de semer la confusion et de ternir l’image de l’organisation en arborant, selon lui, frauduleusement les insignes de l’AFDC.

" À cet effet, l'AFDC; fédération du Nord-Kivu réaffirme son attachement indéfectible et son soutien total à son Autorité morale, initiateur et président national statutaire ; l'honorable sénateur, professeur Bahati Mukwebo Modeste, dont la légitimité découle de nos textes statutaires et de la volonté exprimée par la majorité écrasante de nos membres lors du 4e congrès ordinaire du 15 mars 2026. Aucun groupuscule de rue ne saurait s'arroger le droit de destituer ou désavouer un dirigeant légitime ", lit-on dans la déclaration parvenue à la rédaction ce lundi 18 mai 2026

Au-delà du soutien apporté à son autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo, l’AFDC Fédération du Nord-Kivu a également exprimé son appui aux initiatives diplomatiques du chef de l’État, Félix Tshisekedi, notamment les processus de Washington sous la houlette des États-Unis d’Amérique, ainsi que le processus de Doha sous l’égide de l’État du Qatar, en vue de ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo en général, et au Nord-Kivu en particulier, pour une sécurité durable conduisant au développement de toute la nation.

Par ailleurs, l’AFDC Fédération du Nord-Kivu invite ses militants, cadres ainsi que la presse nationale et internationale à faire preuve de discernement et à ignorer ces agitations qualifiées de puériles. Le parti AFDC fonctionne dans le strict respect de ses statuts et de son règlement intérieur. Selon cette déclaration, toute prise de position officielle ne peut émaner que des canaux de communication accrédités.

" L'AFDC Fédération du Nord-Kivu se réserve le droit d'engager des poursuites judiciaires à l'encontre des auteurs et des commanditaires de cette usurpation de qualité et de cette tentative de trouble à l'ordre public. Le Parti AFDC reste uni, mobilisé et concentré sur ses objectifs politiques pour le bien de la Nation ", recommande la Fédération du Nord-Kivu. 

Au moment même où Modeste Bahati Lukwebo faisait l’objet d’une pétition visant sa déchéance du Bureau du Sénat en tant que deuxième vice-président, un bicéphalisme est apparu au sein de la famille politique de l’autorité morale de l’AFDC. Un groupe se réclamant du collège des fondateurs de cette formation politique a annoncé la destitution du président national du parti, Bahati Lukwebo.

Dans le même registre, ces frondeurs avaient également désigné Clovis Otto Bahizi pour diriger une « période de transition » au sein de l’AFDC. Ils reprochent à Bahati Lukwebo d’avoir adopté des positions publiques en contradiction avec la ligne de l’Union sacrée de la Nation, sans consulter les organes du parti, et de ne pas être revenu publiquement sur certaines déclarations jugées controversées.

À la suite de ce scénario, les frondeurs avaient saisi le Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation afin de lui notifier leur démarche. Une initiative contestée par le camp de Modeste Bahati Lukwebo à travers un mémorandum adressé aux instances de la méga-plateforme politique de Félix Tshisekedi.

Clément MUAMBA