Le trafic est quasiment paralysé sur la route Kasumbalesa, principal corridor économique du Haut-Katanga. Depuis plusieurs jours, plus de 250 véhicules, majoritairement des camions de transport, restent immobilisés à la suite d’un dispositif de contrôle instauré par le gouvernement provincial. En cause : le passage obligatoire au scanner contre le paiement d’une taxe de 100 dollars américains par camion. Une situation qui ravive les souvenirs d’une crise similaire survenue l’année dernière sur ce même axe stratégique.
La tension monte sur la route de Kasumbalesa, poumon commercial reliant la province du Haut-Katanga à la Zambie. Des centaines de camions sont à l’arrêt depuis plusieurs jours, formant de longues files sur cet axe d’intérêt économique national.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, chaque véhicule est désormais contraint de passer par un scanner installé dans le cadre d’un nouveau dispositif de contrôle mis en place par les autorités provinciales. Pour accéder à cette opération, les conducteurs doivent s’acquitter d’une taxe fixée à 100 dollars américains.
Une mesure qui provoque un ralentissement considérable du trafic et suscite la colère des chauffeurs, transporteurs et opérateurs économiques. Plusieurs dénoncent de nouvelles tracasseries administratives sur une route déjà confrontée à d’importantes difficultés logistiques.
« Nous passons plusieurs jours ici sans avancer. Les marchandises risquent de se détériorer et les pertes deviennent énormes », confie un chauffeur bloqué dans la file d’attente.
Sur certains tronçons, la circulation est quasiment inexistante. Des camions stationnent sur plusieurs kilomètres, perturbant également les déplacements des autres usagers de la route.
Une situation qui se répète
Ce nouvel épisode rappelle fortement la crise vécue en 2025 sur la même route de Kasumbalesa. À l’époque déjà, des centaines de chauffeurs nationaux et étrangers avaient dénoncé l’instauration d’une nouvelle taxe par le gouvernement provincial.
Le point de blocage se situait alors au poste de péage de Kanyaka, où les conducteurs dénonçaient des frais supplémentaires imposés aux transporteurs. Cette situation avait provoqué d’importants embouteillages et ralenti les activités économiques entre Lubumbashi et la frontière zambienne.
Plusieurs acteurs du secteur du transport estiment que les autorités provinciales peinent à trouver un équilibre entre les mécanismes de contrôle et la fluidité du trafic sur ce corridor stratégique pour l’économie nationale.
Des conséquences économiques redoutées
La route Kasumbalesa constitue l’un des principaux axes d’approvisionnement de la région minière du Katanga. Chaque perturbation du trafic impacte directement les chaînes d’approvisionnement, les activités minières, le commerce transfrontalier ainsi que les recettes économiques. Des opérateurs économiques craignent déjà une hausse des coûts de transport et des retards dans les livraisons des marchandises.
Pendant ce temps, les chauffeurs continuent de dénoncer des conditions difficiles sur place, entre manque d’aires de repos, pénurie de services de base et longues heures d’attente sous une forte pression logistique.
José Mukendi