Mambasa : 39 civils tués en une semaine, Biakato et Makumo plongés dans la peur suite aux attaques des ADF

Mambasa sur la carte du territoire de Lubero au Nord-Kivu
Mambasa sur la carte du territoire de Lubero au Nord-Kivu

La situation sécuritaire continue de se détériorer dans la chefferie des Babila Babombi, en territoire de Mambasa, province de l’Ituri, après une nouvelle vague d’attaques attribuées aux rebelles ADF-NALU. Selon un bilan compilé par l’Association pour la protection et la défense des enfants et femmes vulnérables (APDEF/Mambasa), au moins 39 civils ont été tués en l’espace d’une semaine dans plusieurs villages de la région.

Le bilan inclut également 14 maisons détruites par le feu, 8 motos consumées, un moteur JANG FA réduit en cendres et environ 30 personnes non retrouvées. Plusieurs biens de valeur, des chèvres et d’autres animaux domestiques auraient aussi été emportés par les assaillants.

" Après une semaine d’attaques répétitives attribuées aux présumés ADF NALU dans la chefferie des Babila Babombi, 39 personnes ont été tuées et plusieurs autres restent portées disparues ", indique Ram’s Malikidogo, coordonnateur territorial de l’APDEF/Mambasa.

Les conséquences humanitaires et socio-économiques deviennent de plus en plus préoccupantes dans cette partie du territoire de Mambasa. Les activités scolaires restent paralysées dans les centres de Biakato et Makumo, tandis que de nombreuses familles ont fui vers des zones jugées plus sécurisées.

Les activités commerciales tournent également au ralenti, entraînant une hausse du coût du transport et des denrées alimentaires sur les marchés locaux. Plusieurs habitants n’accèdent plus à leurs champs par crainte de nouvelles attaques, aggravant davantage la précarité des ménages déjà affectés par les déplacements.

Cette nouvelle flambée de violences intervient malgré le renforcement récent du dispositif sécuritaire dans la région, notamment avec l’arrivée de contingents de la MONUSCO venus appuyer les FARDC dans les opérations contre les groupes armés actifs dans le sud de l’Ituri.

Au-delà du bilan humain, les acteurs locaux alertent également sur les conséquences psychologiques de cette insécurité persistante. Des familles d’accueil disent éprouver des difficultés à prendre en charge les déplacés qui affluent chaque jour dans les centres supposés sécurisés.

" La population a besoin de la paix, rien que de la paix ", insiste Ram’s Malikidogo dans ses recommandations adressées aux autorités.

Plusieurs observateurs estiment que la multiplication des attaques dans cette zone stratégique de Mambasa fragilise davantage les activités économiques reliant l’Ituri au Nord-Kivu et accentue la crise humanitaire dans une région déjà confrontée aux déplacements massifs des populations.

Freddy Upar, à Bunia