On en sait un peu plus sur la souche de l’épidémie de maladie à virus Ebola, la 17e enregistrée en République démocratique du Congo, qui sévit actuellement dans la province de l’Ituri, dans l’Est du pays.
Au cours d’une conférence de presse tenue ce samedi 16 mai, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a révélé qu’il s’agit de la souche Bundibugyo, déjà signalée par le passé en Ouganda, l’un des pays voisins de la RDC, ainsi qu’en République démocratique du Congo en 2012, plus précisément à Isiro, dans la province du Haut-Uele.
"Vous savez que le virus Ebola, frénétiquement il y a plusieurs souches et donc nous avons tout de suite à prélever et commencer à valider les échantillons et c'était négatif à la souche Zaïre parce-que vous savez qu'il y a plusieurs types de maladies hémorragiques, je dis Ok, on va aller plus loin, ramener les échantillons à l'INRB Kinshasa qui a plus de moyens de rechercher les différentes autres souches, différents types de Ebola. Les échantillons sont arrivés le 13 et ont été examinés et le 14 au soir donc avant hier soir nous avons eu la confirmation que c'est Ebola de souche Bundibugyo, une souche qui est connue déjà notamment pour avoir sévit en Ouganda et qui a déjà donné une épidémie chez nous notamment à Isiro en 2012", a expliqué le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale Samuel Roger Kamba.
À l’heure actuelle, le ministre de tutelle a tenu à préciser que les recherches se poursuivent afin d’identifier les différents cas contacts ainsi que toutes les personnes décédées au sein de la communauté.
"Nos équipes qui étaient déployées ont alors entamé la recherche active des tous les cas et à identifier toutes les personnes qui seraient décédées dans la communauté", a ajouté Samuel Roger Kamba.
Le Bundibugyo ebolavirus est une souche du virus Ebola identifiée officiellement pour la première fois en 2007, à la suite d’une épidémie survenue dans le district de Bundibugyo, en Ouganda. Comme les autres formes du virus Ebola, il provoque une fièvre hémorragique sévère pouvant entraîner de graves complications chez les personnes infectées.
L’infection affecte fortement la peau et les vaisseaux sanguins. Parmi les manifestations cutanées les plus fréquentes figure un exanthème maculopapuleux, caractérisé par des taches rouges et de petites lésions sur l’épiderme. Le virus attaque également les cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins, provoquant une fragilité vasculaire responsable de saignements sous la peau, visibles sous forme de pétéchies, d’ecchymoses ou de purpura.
Au-delà des atteintes cutanées, le Bundibugyo ebolavirus perturbe profondément le fonctionnement de l’organisme. Il altère la coagulation sanguine, favorise des hémorragies internes et peut provoquer des défaillances de plusieurs organes. Cette atteinte systémique explique la gravité élevée de la maladie et la nécessité d’une prise en charge médicale rapide et intensive.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola survient dans une zone du pays marquée par de graves violences contre les populations civiles, attribuées aux rebelles des ADF, qui continuent de semer la désolation parmi les civils malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et les forces ougandaises. À cela s’ajoute l’activisme de plusieurs milices locales, notamment la CODECO, le groupe Zaïre, la CRP et d’autres. Cette situation fragilise davantage le contexte humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs de populations.
Cette épidémie dans la province de l’Ituri survient près de six mois après que la RDC a annoncé, le 1er décembre 2025, la fin de la 16e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province du Kasaï, aucun nouveau cas n’ayant été signalé durant les 42 jours écoulés depuis la rémission du dernier patient, le 19 octobre 2025.
Kuzamba Mbuangu & Clément MUAMBA