Le pasteur et artiste congolais Moïse Mbiye a publié ce vendredi soir une vidéo sur les réseaux sociaux pour démentir des rumeurs circulant à son sujet et clarifier sa position politique.
« Il y a des rumeurs comme quoi on m'a bloqué à l'aéroport, on m'aurait ravi mon passeport. C'est faux. Je me porte bien. Le seul voyage que je prépare, c'est pour Accor Arena. C'est tout », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il se trouvait à Kinshasa « en bonne santé ».
Le responsable de l'église Cité Béthel, située à la 1ère rue Limete à Kinshasa, a profité de cette sortie pour réaffirmer son soutien au chef de l'État et à son épouse, ainsi qu'aux jeunes de l'UDPS, le parti au pouvoir. Il a également pris ses distances avec l'opposition. « Mes amis de l'opposition, désolé je ne suis pas dans votre camp et je ne serai jamais dans le camp de ceux qui combattent ce pays », a-t-il lancé. « J'ai écrit des chansons pour attaquer la rébellion et pour soutenir les initiatives du gouvernement. »
Moïse Mbiye a également tenu à clarifier sa position vis-à-vis de l'Église de Réveil du Congo. « Je ne suis pas membre de l'ERC », a-t-il affirmé, avant de déplorer le climat de tensions entre responsables religieux. « J'ai vu des émissions avec beaucoup de méchancetés, des insultes. Ils disent qu'ils ont des vidéos et des preuves contre moi. Je ne veux pas qu'ils demandent pardon, moi je demande pardon. »
Cette sortie intervient dans un contexte de vives tensions au sein du paysage religieux congolais. Le 10 mai, lors d'un culte en sa propre église, Moïse Mbiye avait ouvertement critiqué des pasteurs qu'il avait qualifiés de « camp des Lépreux », dénonçant des rassemblements de religieux focalisés sur la politique et militant pour le changement de la Constitution. « Il y a des rassemblements des pasteurs, quand ils se retrouvent, ils prennent le vin, ils parlent de la politique, ils pensent à une seule chose : on va changer la Constitution. Et c'est devenu un camp des Lépreux, ils n'ont que ça, ils ne bénissent plus personne », avait-il déclaré depuis sa chaire.
Ces propos visaient implicitement des figures de l'Église de Réveil du Congo qui, lors d'un forum organisé à Kinshasa par l'évêque Ejiba Yamapia, avaient appelé non pas à une révision mais au changement pur et simple de la Constitution du 18 février 2006, plaidant également pour des mandats prolongés du président de la République.
Ce débat constitutionnel divise profondément le monde religieux congolais. L'une des figures les plus influentes de l'Église de Réveil du Congo, Sony Kafuta, a rejeté cette initiative. L'Église catholique fait également blocage, aux côtés de l'opposition, qui promet des actions pour faire reculer ce projet.