Le gouverneur militaire du Nord-Kivu alerte les renseignements sur la nécessité d’enquêter sur les activités qu’il juge de «clandestines et subversives » organisées début mai par le député Mbindule Mitono avec un groupe armé actif à Butembo et environs (Nord-Kivu). Dans une correspondance datant du 7 mai, adressée au responsable provincial de l’Agence nationale des renseignements (ANR), le général Evariste Somo n’évoque pas la nature de ces activités.
Mais il ajoute que le triple élu de Butembo arrivé dans sa circonscription électorale sans se faire signaler a animé une émission dans une radio locale pendant laquelle il a, d’après le gouverneur, tenu des propos portant atteinte à l’honneur, à la dignité de l’autorité provinciale, à la sécurité et à l’ordre public.
Selon le gouverneur, au cours de cette émission, le député Mbindule Mitono a critiqué sa mesure portant interdiction de circulation des véhicules transformés et hors normes, vexant dans des propos diffamatoires, outrageants et d’incitation à la désobéissance civile. Des faits constitutifs des infractions punies par la loi.
«Je tiens à rappeler à votre attention que les faits ont été commis dans la province du Nord-Kivu sous état de siège et que les mesures conservatoires devraient être prises à l’égard de l’incriminé », exige le gouverneur militaire, rappelant qu’en vertu de l’article 4 de l’ordonnance de 2021 décrétant l’Etat de siège, «pendant l’état de siège, les immunités et autres privilèges de poursuite ne sont pas d’application ».
Nous n’avons pas réussi à joindre le député Mbindule. Mais un proche de lui a confirmé à ACTUALITE.CD que le député UDPS revient de Butembo dans la suite d’une brève tournée qu’il a organisé à Kisangani, Bunia et Beni, dans le cadre d’une démarche personnelle visant à consulter des couches sociales en prélude d’une campagne de soutien à la démarche de la révision ou changement de constitution portée par le camp de Félix Tshisekedi.
Ce collaborateur redoute plutôt une guerre de clan et de positionnement au Nord-Kivu visant à ternir l’image d’un cadre du parti présidentiel au moment où les officines politiques spéculent sur un remaniement en vue.