Le gouvernement de la République démocratique du Congo est en plein travaux de planification et de programmation militaire, actuellement en cours d’elaboration au niveau de l’État-major général, en vue de définir les capacités réelles nécessaires aux Forces armées de la République démocratique du Congo, engagées dans la guerre contre la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et dans la défense de l’intégrité territoriale.
Ceci ressort des auditions du vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et anciens combattants, Guy Kabombo Mwadiamvita, devant la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale.
D’après ce rapport adopté par l’Assemblée nationale et dont une copie est parvenue mercredi 29 avril 2026 à la rédaction d’ACTUALITE.CD, le vice-Premier ministre a indiqué que cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une approche militaire structurée autour de la doctrine, l’organisation, les ressources humaines, l’entraînement, le soutien et l’équipement.
"Depuis mars 2025, le VPM a donné des directives relatives aux travaux de planification et de programmation militaire qui sont en cours d'exécution au niveau de l'Etat-Major Général en vue de définir les vraies capacités qu'il faut réellement aux FARDC, les nouvelles structures de commandement, la doctrine et la stratégie militaires. C'est une approche des militaires résumée par l'acronyme DORESE (Doctrine, Organisation, Ressources humaines, Entrainement, Soutien et Equipement)", rapporte le rapport de la Commission Défense et Sécurité de l'Assemblée nationale
Relativement aux effectifs sur les différents théâtres des opérations, Guy Kabombo, cité dans le rapport, indique qu’il s’observe une dynamique liée à l’intensité de la guerre, impliquant des prélèvements et des renforcements. À l’en croire, un autre facteur important justifiant cette dynamique est le contrôle effectué par une commission interinstitutionnelle chargée de vérifier les effectifs déclarés par les commandants au front, dont la réalité révèle un écart considérable.
S’agissant de l’articulation des forces, étape essentielle de la planification initiale des opérations, celle-ci évolue en fonction des actions ennemies et de la conduite des opérations. Actuellement, a précisé le vice-Premier ministre, les FARDC adaptent régulièrement leurs dispositifs sur tous les fronts, en renforçant les unités engagées par des éléments issus de différents centres d’instruction et, dans certains cas, par des éléments des forces spéciales formés par des partenaires, dont la MONUSCO.
"Cette capacité qui est essentielle pour les FARDC, constitue une des démarches que le Ministère mène pour la réouverture du Centre d'entrainement commando de KOTAKOLI en vue de répondre au déficit capacitaire devant combattre dans les environnements difficiles, notamment dans les agglomérations, les forêts et montagnes", renseigne le Ministre dans le rapport de la Commission Défense et sécurité de l'Assemblée nationale
Pour le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et anciens combattants, la présence des autorités aux côtés des militaires engagés motive ces derniers et leur donne davantage d’assurance dans la conduite des opérations, notamment grâce à la proximité du commandement au front, comme c’est le cas actuellement avec le quartier général avancé de Kalemie. Dans ce cadre, il a fait savoir que le chef d’état-major général et ses adjoints effectuent également des visites et inspections régulières des troupes dans les différentes provinces affectées par la guerre.
L'adoption de ce rapport par les députés nationaux intervient dans un contexte où la partie Est de la République démocratique du Congo continue d’être en proie à une insécurité chronique et à une situation humanitaire catastrophique, caractérisée par une dégradation persistante au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. Malgré les pourparlers diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, ainsi que les opérations militaires conjointes FARDC–UPDF, les violences ne faiblissent pas, exacerbant la crise humanitaire à la suite des affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par le Rwanda.
D’autres groupes armés, tels que l’ADF et la CODECO, restent actifs, causant des morts, des déplacements massifs de populations, des enlèvements et des destructions.
Fruit d’un travail rigoureux affirment les élus membres de cette Commission, ce rapport constitue un outil stratégique de premier plan. Ils affirment qu’il servira de base d’analyse pour les questions de défense et de sécurité sur l’ensemble du territoire national, tout en permettant aux élus de porter un jugement éclairé et objectif sur ces enjeux fondamentaux pour la stabilité et la souveraineté de la République.
Clément MUAMBA