RDC : le gouvernement annonce l’entrée en vigueur du décret réservant le petit commerce et le commerce en détail aux Congolais 

Un vendeur ambulant dans les rues de Kinshasa
Un vendeur ambulant dans les rues de Kinshasa

Après plusieurs années de relative tolérance dans le secteur du commerce intérieur, le gouvernement congolais a décidé de remettre de l’ordre. Il annonce l’entrée en vigueur d’un décret qui encadre désormais le petit commerce et le commerce de détail.

Dans un communiqué, le ministère de l’Économie nationale précise que ces activités sont désormais réservées aux opérateurs économiques congolais. En parallèle, un arrêté interministériel a été signé pour définir les activités de commerce de détail spécialisé nécessitant des investissements importants, un domaine qui reste accessible aux étrangers, mais sous certaines conditions fixées par la réglementation.

Concrètement, les petits commerces et le commerce de détail, largement investis ces dernières années par des opérateurs étrangers, sont désormais exclusivement réservés aux nationaux. Toutefois, les investisseurs étrangers pourront continuer à intervenir dans des secteurs spécifiques à forte intensité de capital.

Selon le ministère, ces mesures visent à clarifier et moderniser le cadre légal du commerce intérieur, afin de créer un environnement économique plus structuré, plus équitable et plus sécurisé.

Les expatriés actuellement actifs dans ces segments disposent d’un délai de six mois pour se conformer aux nouvelles règles. Le ministre de l’Économie nationale, Mukoko Samba, a également annoncé la mise en place d’un dispositif de sensibilisation pour accompagner les acteurs concernés dans l’application de cette réforme.

Depuis plusieurs années, de nombreux commerçants congolais dénoncent la présence croissante d’étrangers dans les petits commerces, estimant qu’elle constitue une concurrence difficile à soutenir. Dans certaines villes, notamment à Kinshasa, cette présence s’est étendue jusqu’au commerce ambulant et au porte-à-porte, ce qui alimente davantage les tensions.

Face à ces préoccupations, le gouvernement avait déjà annoncé, début 2025, la révision de la loi de 1973 qui réservait ces activités aux Congolais, ainsi que la suppression des dérogations accordées jusque-là aux opérateurs étrangers.

Samyr Lukombo