Lubumbashi : nouveau sit-in des déplacés du Kivu devant le gouvernorat, un cri d’alarme lancé aux autorités face à la précarité

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Depuis le 20 avril, des familles déplacées ayant fui les violences dans l’Est de la RDC manifestent pacifiquement devant le gouvernorat du Haut-Katanga. Entre promesses non tenues et conditions de vie alarmantes, elles lancent un appel pressant à l’aide. Une situation qui met en lumière une crise humanitaire silencieuse.

Ces hommes, femmes et enfants ont entamé une série de sit-in devant l’entrée du gouvernorat du Haut-Katanga pour réclamer une prise en charge urgente. Fuyant les violences persistantes dans l’Est du pays, ces déplacés vivent aujourd’hui dans des conditions particulièrement précaires. Accueillies dans des familles locales déjà vulnérables, plusieurs d’entre euxpeinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.

« Tous les efforts entrepris pour rencontrer les autorités provinciales sont restés vains », déplore leur représentant, Paul Byamungu. 

Accompagnés de nourrissons et de jeunes enfants, ces manifestants disent n’avoir d’autre choix que de rendre visible leur détresse. Leur mobilisation intervient dans un contexte où des attentes avaient été suscitées au niveau provincial. Lors de la rencontre avec un échantillon de ces déplacés, le président de l’Assemblée provinciale, Michel Kabwe Muamba, avait appelé à une assistance en faveur de ces populations déplacées, un plaidoyer au niveau de l'exécutif provincial. Une démarche qui avait nourri l’espoir d’une réponse rapide des autorités.

Dans cette optique, des représentants des déplacés affirment avoir déjà rencontré le président de l’organe délibérant pour un plaidoyer en faveur de leur prise en charge. Mais sur le terrain, les effets tardent à se concrétiser.

Pendant ce temps, la réalité quotidienne reste difficile. Dans les familles d’accueil, la promiscuité s’accentue, les ressources s’amenuisent et les besoins se multiplient. Plusieurs enfants déplacés sont privés de scolarité, faute de moyens et d’encadrement. L’accès aux soins de santé demeure également très limité, exposant les plus vulnérables à des risques accrus.

« Nous vivons sans assistance, sans soins médicaux et nos enfants ne vont pas à l’école », témoignent certains parents rencontrés sur place, évoquant une situation devenue intenable.

Malgré les promesses de l’exécutif provincial dirigé par Martin Kazembe, aucune réponse concrète n’a, jusqu’ici, été apportée à leurs revendications, selon les manifestants.

Face à ce silence, ces familles lancent un appel de détresse aux autorités provinciales, mais aussi aux organisations humanitaires et à toute personne de bonne volonté. Leur principal souhait reste une prise en charge digne, incluant un accès à l’alimentation, aux soins de santé et à l’éducation pour les enfants.

En attendant, le sit-in se poursuit, dans l’espoir qu’au-delà des discours, des actions concrètes viennent enfin soulager leur quotidien.

José Mukendi