Bunia : appel à une aide urgente aux déplacés sans abris après des pluies diluviennes

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Les pluies diluviennes accompagnées des vents violents qui se sont abattues le dimanche 19 avril sur la ville de Bunia (Ituri) ont détruit plusieurs abris dans les sites de déplacés de l'ISP et de Kigonze, laissant ainsi des milliers de familles en détresse en plus de la vie précaire qu’elles mènent déjà.

Le bilan est lourd. Les sites de l'Institut Supérieur Pédagogique (ISP) et son extension de Kigonze, qui abritent ensemble près de 26 000 personnes, sont durement touchés. La vulnérabilité de ces installations n'est pas un hasard : la grande majorité de ces abris sont constitués de bâches datant de juin 2019, période de la vague massive de violences dans les territoires de Djugu et d’Irumu.

Sept ans plus tard, ces plastiques usés par le soleil et les intempéries n'ont pas résisté au vent violent qui accompagnait ces pluies.

« Plusieurs familles ont perdu leurs abris après ces fortes pluies. Les conditions de vie deviennent très difficiles pour les déplacés déjà vulnérables. Nous appelons les autorités et les humanitaires à intervenir rapidement avant que la situation ne s’aggrave », a lancé Olivier Bavi Karba, un des responsables des déplacés de guerre.

Cette catastrophe naturelle vient raviver les plaies d'un conflit qui semble sans issue. Ces déplacés sont les visages de la seconde phase de la crise en Ituri, amorcée fin 2017. Ils vivent dans une « attente permanente » au cœur de la ville de Bunia, fuyant une insécurité qui les empêche de regagner leurs terres d'origine.

L'histoire de leur exil s'inscrit dans une chronologie tragique débutée en 1999 par des différends fonciers, avant de muter en une guerre sanglante entre milices (UPC, FNI, FRPI) jusqu'en 2003. Aujourd'hui, bien que les acteurs aient changé, la détresse reste la même.

L'urgence d'une intervention

​Alors que l'assistance humanitaire se fait de plus en plus rare en province, ce sinistre place les autorités provinciales et les partenaires face à une responsabilité immédiate. Au-delà de la nourriture, c'est un besoin vital en abris (kits de bâches) et de biens de première nécessité qui est désormais exprimé.

Sans une réaction rapide, la promiscuité et l'exposition aux intempéries risquent de favoriser l'éclosion de maladies notamment hydriques au sein de ces sites déjà surpeuplés.

Freddy Upar, à Bunia