Les députés provinciaux de la ville de Kinshasa ont déclaré recevable, vendredi 17 avril, la proposition d’édit portant sur la protection des droits de la population kinoise face au banditisme urbain. L’examen de ce texte intervient dans un contexte où la capitale Kinshasa et siège des institutions, fait face à une montée du banditisme urbain et de la criminalité.
Cette initiative émane de Diyabanza Mwananene Martyr, député provincial élu de la commune de Matete sur la liste de l’UDPS/Tshisekedi. Cette recevabilité fait suite à un débat autour de ladite proposition qui, selon Lévi Mbuta, président de l’organe délibérant, sera ensuite envoyée à la commission PAJ pour un examen approfondi avant son adoption proprement dite.
D’après cet élu et cadre du parti présidentiel, la présente proposition d’édit trouve son fondement dans l’article 203, point 1, de la Constitution du 18 février 2006, ainsi que dans l’article 36, point 1, de la loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces. Selon lui, elle s’articule autour de deux titres répartis en sept chapitres.
"Devant cet état de fait, il est opportun pour nous de faire œuvre utile par la mise en place d’une nouvelle politique publique de sécurité, en vue d’apporter une réponse efficace, sinon réfléchie, au banditisme urbain. Cette réponse passe par une législation adaptée, qui a le mérite d’intégrer les différentes couches de la population kinoise, c’est-à-dire la société civile, la police, sans oublier les parents ou tuteurs, qui du reste sont responsables à la base pour la prise en charge de leurs enfants", a déclaré Diyabanza Mwananene Martyr lors de la présentation de son initiative.
Pour l’élu de la commune de Matete, le banditisme urbain tend à s’installer durablement et devient, en quelque sorte, un phénomène que la population finit par accepter. Il estime que, d’une certaine manière, chacun finit par coexister avec ces pratiques, voire à y contribuer indirectement.
"Nous savons que dans nos coins, c’est chaque jour que nous sommes avec ces petits, ces amis, ces frères, qui ont tendance à croire que, pour se faire valoir, il faut nécessairement utiliser ces phénomènes que nous sommes en train de décrier. Cette situation est l’effet de malfaiteurs communément appelés Kuluna, qui terrorisent les habitants de la ville de Kinshasa, capitale de notre République démocratique du Congo. Ces malfrats causent la désolation dans le chef de la population, en ce sens qu’ils commettent des vols à main armée, des extorsions, des meurtres et, aujourd’hui, des braquages de maisons. À ce jour, ces phénomènes liés au banditisme urbain mettent à rude épreuve de sérieuses difficultés pour protéger la population kinoise", a fait remarquer Diyabanza Mwananene Martyr.
Cet élu estime que la sécurité de la population devait être au centre des activités parlementaires.
"C’est comme si nous, députés, nous sommes payés, mais malheureusement, nous ne faisons pas notre travail. Et par rapport à notre travail, je crois que la sécurité doit être la préoccupation première de chacun d’entre nous. Car si la sécurité n’est pas au rendez-vous de la vie quotidienne, soyez-en certains, l’économie dans notre pays ne sera pas au rendez-vous du développement de la ville-province de Kinshasa. Il sied de rappeler que ces bandits ont un mode opératoire. On sait qu’ils opèrent en bande organisée, défiant de ce fait l’autorité de l’État", a-t-il indiqué.
L’Assemblée provinciale de Kinshasa a également procédé à la validation du calendrier relatif à la mission de contrôle parlementaire de la commission Écofin, dans le cadre du suivi rigoureux de la gestion des finances publiques de la ville de Kinshasa. À l’ouverture de la session de mars, le président de l’organe délibérant avait rassuré que le contrôle parlementaire et l’examen des textes, c’est-à-dire le travail législatif, seraient au centre de l’action des députés provinciaux.
La ville de Kinshasa continue de faire face à une résurgence de l’insécurité, des enlèvements et des attaques nocturnes, malgré la mise en œuvre de l’opération « Ndobo » (Hameçon), présentée comme un succès par le gouvernement à travers le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières. Les annonces répétées d’arrestations de bandits urbains (Kulunas) et leur déferrement devant les instances judiciaires semblent n’avoir eu que peu d’impact sur le quotidien des Kinois et des Kinoises.
Clément MUAMBA