L'OIM ne joue aucun rôle dans les accords bilatéraux tels que celui conclu entre la RDC et les États-Unis, réagit l’organisation sollicitée par Kinshasa pour assister les migrants expulsés par Trump 

A Kamako, l'OIM distribue les repas d'urgence aux congolais refoulés d'Angola (Photo Sosthène Kambidi/ACTUALITE.CD)

Le gouvernement congolais a fait appel à l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) pour apporter une assistance humanitaire au premier contingent de composé de 15 migrants arrivés à Kinshasa après leur expulsion du sol américain. Ils sont accueillis par le gouvernement congolais dans le cadre d’un accord négocié entre l’administration Trump et la RDC. 

L’OIM a signifié dans un communiqué ce lundi, qu’elle “ne joue aucun rôle dans les accords bilatéraux tels que celui conclu entre la RDC et les États-Unis”. D’où, elle se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les normes minimales de protection ne peuvent être garanties.

“Les questions relatives aux termes ou au champ d’application de tout accord bilatéral doivent être adressées aux autorités gouvernementales compétentes”, explique l’OIM. 

Cependant, au-delà d’une assistance fondée sur les besoins et sur des évaluations individuelles, l’organisation dit qu’elle peut “proposer une aide au retour volontaire aux migrants qui en font la demande, conformément à son mandat et aux cadres juridiques applicables”.

Cette agence de l’ONU chargée des migrations a néanmoins précisé qu’elle n'assiste que des retours “strictement volontaires”, lesquels reposant “sur le libre consentement préalable et éclairé des personnes concernées”.

D’après la première ministre, Judith Suminwa, qui avait choisi TV5 monde pour s’exprimer pour la première fois sur ce sujet, a affirmé que ce nouvel accord «est un service» que la RDC rend aux États-Unis, mais a également reconnu ignorer les nationalités de personnes venues dans le premier lot. 

Dans la mise en œuvre de la première phase opérationnelle de ce nouvel accord, un premier contingent composé de 15 personnes était arrivé vendredi à Kinshasa pour « un court séjour » conformément à la législation nationale relative à l’entrée et au séjour des étrangers, ainsi que des engagements internationaux librement souscrits par la RDC, avait déclaré le gouvernement.

Il avait également précisé l’opinion qu’il  ne sera nullement question d’un mécanisme d’installation durable à Kinshasa, ni d'une quelconque relocalisation permanente, mais plutôt d’un dispositif revêtant un caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps. Cependant, le nombre exact de migrants expulsés à accueillir reste flou, ni les pays d'origine de ces personnes déjà à Kinshasa. 

Ce nouvel accord conclu avec les USA fait néanmoins jaser l’opposition, la société civile ainsi que les organisations des droits de l’homme. Ils redoutent la réédite des événements de 1994, dans l’est de la RDC, lorsque le gouvernement congolais avait décidé d’ouvrir la frontière aux Tutsis pourchassés par les Hutus lors du génocide rwandais, hospitalité qui a occasionné plusieurs morts parmi les Congolais du Kivu.

Samyr LUKOMBO