Beni-ADF : angoisse au lendemain des tueries de plus de 20 civils, l'hôpital de Ngadi passe au service minimum 

Des jeunes transportant le corps d'une victime des tueries de Ngadi à Beni
Des jeunes transportant le corps d'une victime des tueries de Ngadi à Beni

Au lendemain d’une nouvelle attaque meurtrières des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), la région de Beni est plongée dans l'angoisse et l'incertitude du lendemain. Ce lundi 1er juin, c'est un silence de mort au quartier Ngadi en pleine ville de Beni et dans les localités du territoire de Beni. 

L’heure est désormais au choc et à l'évaluation des dégâts au sein de la population civile une fois de plus meurtrie. Sur le terrain, la priorité reste la recherche des survivants et des victimes. Dans les zones reculées vers Vemba et Kinyamuseghe, la fouille des décombres et des brousses environnantes se poursuit sans relâche. Les habitants fouillent la végétation redoutant à chaque instant de découvrir de nouveaux corps. Face à cette situation chaotique, la société civile locale ne cache pas son inquiétude et craint une revue à la hausse d’un bilan humain déjà lourd: 21 morts.

Parallèlement à ces recherches, les  militaires tentent de s'organiser pour sécuriser la région. Des troupes de l'armée congolaise (FARDC) et de l'armée ougandaise (UPDF), engagées dans des opérations conjointes Shujaa, ont été déployées en masse pour mener des patrouilles de combat dans la zone impactée. 

Service sanitaire minimum 

À quelques kilomètres des patrouilles militaires, le centre de santé de Ngadi décide un service minimum après l'attaque des ADF à  300 mètres de cette structure sanitaire. Craignant pour leur sécurité, les personnels soignants décident de travailler uniquement la journée en attendant l'évolution de la situation. La décision a été prise à l'issue d'une réunion extraordinaire du conseil de santé de cette structure tenue ce lundi. 

Interrogée par ACTUALITE.CD sur cette mesure exceptionnelle, Kavira Sivaminya, l’infirmière titulaire du centre de santé de Ngadi a déclaré :

"Nous avons pris la décision pour la sécurité du personnel et des malades. Nous pensons que cela permettra d'épargner des vies humaines. On a attaqué à quelques mètres de notre structure et même la population aux environs vit désormais dans l'incertitude. C'est difficile de prendre la décision, mais nous évaluerons l’évolution de la situation", confie Kavira Sivaminya. 

Comme bilan revu, au moins 25 corps après l’attaque des ADF dans la Beni ville et le territoire de Beni. Les voix se sont élevées pour interroger l'efficacité de l'état de siège en vigueur et les mesures concrètes de sécurité, alors que les zones récemment attaquées vivaient le calme depuis des mois.

Dieubon Mughenze, à Beni