RDC : 300 millions USD de créances du FPI en souffrance, le gouvernement valide un plan de recouvrement et d’audit pour corriger les dysfonctionnements

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 Estimé à hauteur de 300 millions de dollars américains, le montant des créances dues par les insolvables au FPI (Fonds de promotion de l’industrie) nécessite un recouvrement, avec un appui " accru " du gouvernement de la République démocratique du Congo, afin que cette importante somme d’argent soit récupérée et mobilisée au profit de projets structurants, en vue de stimuler l’économie nationale.

Telle était la note d’information et le plaidoyer présentés par le ministre d’État, ministre de l’Industrie ad intérim, lors de la 86ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 10 avril 2026 sous la direction du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa.

"Le Ministre d'État, ministre de l'industrie ad intérim a entretenu le Conseil sur la nécessité d'un large appui gouvernemental pour le recouvrement des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l'industrie estimées à environ 300 millions USD pour le financement des projets structurants", rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.

Faisant suite à cette préoccupation, le ministre d’État, ministre de l’Industrie ad intérim, a demandé au Conseil d’administration du FPI de faire auditer le portefeuille desdites créances, aux fins, d’une part, de définir une stratégie de recouvrement plus appropriée et efficiente et, d’autre part, de détecter d’éventuels dysfonctionnements internes pouvant découler soit d’une organisation inadaptée, soit d’un manque de compétences, soit encore de la persistance de pratiques informelles dans l’octroi des ressources aux porteurs de projets.

"Cependant, au regard de la nature desdites créances, les dettes étant reconnues, les montants déterminés, les échéances dépassées et les débiteurs identifiés, attendre les conclusions de cet audit pourrait causer un préjudice financier tant au FPI lui-même qu'au secteur industriel dans son ensemble particulièrement en ce moment où l'économie congolaise dans son ensemble et le secteur industriel en particulier ont grandement besoin des ressources financières", a fait remarquer le Ministre d'État, Ministre de l'industrie ad intérim dans le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.

Pour ce faire, le ministre d’État, ministre de l’Industrie ad intérim, a proposé l’implication du gouvernement à travers la mise en place d’une commission spéciale, qui aura pour mission de catégoriser les débiteurs de bonne ou de mauvaise foi, de négocier des protocoles de transaction pour les créances récupérables à l’amiable, d’engager des actions de recouvrement forcé avec l’appui de la force publique, de proposer des mesures conservatoires sur le patrimoine des débiteurs insolvables et de faire accélérer l’adoption du décret portant mesures d’application de la loi n° 23/032 du 28 juin 2023 modifiant et complétant l’ordonnance-loi n° 89/031 du 7 août 1989 portant création de la taxe de promotion de l’industrie.

Placé sous la tutelle du ministère de l’Industrie, le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) a pour objet « la promotion de l’industrie locale en vue de la réalisation de l’autonomie de l’appareil de production du pays vis-à-vis de l’extérieur, tout en veillant à l’équilibre industriel au plan national ». Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) a été créé par l’ordonnance n° 89-171 du 7 août 1989, puis transformé par le décret n° 09/64 du 3 décembre 2009 en établissement public à caractère administratif et financier, doté de la personnalité juridique.

Le Fonds a pour mission de promouvoir l’industrie locale en vue de la réalisation de l’autonomie de l’appareil de production du pays vis-à-vis de l’extérieur, tout en veillant à l’équilibre industriel sur le plan national. À cet effet, il a notamment pour missions :

• de financer la production des matières premières destinées à l’industrie locale, celle des produits manufacturés locaux concurrents aux biens importés, ainsi que les projets des secteurs de l’agriculture et de l’élevage contribuant à l’intégration industrielle ;

• de financer la construction et/ou la réhabilitation des infrastructures reconnues d’utilité publique dans les zones d’opération des entreprises financées ;

• de collecter et de gérer les ressources financières générées par les entreprises commerciales et industrielles ainsi que celles issues des opérations d’importation, en exécution de l’ordonnance-loi n° 89-031 du 7 août 1989 portant création de la taxe de promotion de l’industrie ;

• d’effectuer toute autre opération se rattachant directement ou indirectement à son objet social.

Le Fonds a pour vision une économie congolaise émergente, fondée sur un tissu industriel diversifié, intégré et compétitif, tourné vers la satisfaction des besoins intérieurs et extérieurs, et s’appuyant sur un développement harmonieux des chaînes de valeur dans les 145 territoires du pays.

Clément MUAMBA