La coalition Lamuka également s’oppose au transfert des migrants des USA vers la RDC et appelle le congrès américain à annuler la mesure

Prince Epenge, porte-parole de Lamuka
Prince Epenge, porte-parole de Lamuka

Le gouvernement congolais a annoncé le dimanche 5 avril 2026, avoir conclu un accord avec les États-Unis en vue d’accueillir en RDC, dès ce mois d’avril, des ressortissants de pays tiers expulsés du territoire américain. Le nombre exact de personnes concernées n’a toutefois pas été précisé. Entièrement financé par la partie américaine et présenté comme temporaire, ce dispositif s’inscrit dans les mécanismes migratoires américains. Il est jugé opaque par la société civile qui déplore son adoption sans consultation préalable du Parlement ni de la population. Elle appelle à ne pas l’appliquer.

Face à cette décision du gouvernement congolais, le ton est levé du côté de l’opposition. La coalition Lamuka et le parti AddCongo ont réagi contre le transfert des migrants des États Unis vers la RDC, et appellent le congrès américain à annuler la mesure.

Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, souligne que cette décision traduit une logique politique de Félix Tshisekedi de tout miser sur un soutien de Donald Trump pour briguer à un éventuel troisième mandat à la tête du pays.

« Pour obtenir un troisième faux mandat, Félix Tshisekedi est prêt à tout. Même à faire de son pays un camp de réfugiés à ciel ouvert », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Les Congolais attendent la fin de la guerre, pas que le pays devienne un asile pour les fous, terroristes et pédophiles », martèle-t-il.

Selon Prince Epenge, le président américain Donald Trump aurait qualifié ces migrants de « voyous », « terroristes », « prisonniers », « criminels » ou encore de « pédophiles », estimant qu’ils ne pouvaient plus résider sur le sol américain et qu’ils devaient être renvoyés vers des pays du tiers-monde, qu’il assimile à des « républiques bananières ».

Dans ce contexte marqué par la persistance de l’insécurité et du conflit armé dans plusieurs régions du pays, Prince Epenge s’interroge sur la pertinence d’accepter l’accueil des migrants que les autorités américaines elles-mêmes présentent comme dangereux. Il estime qu’une telle décision soulève des inquiétudes quant à la capacité de la RDC à garantir la sécurité de sa population et de ces personnes transférées.

Prince Epenge rappelle qu’en 2024, le gouvernement congolais avait vivement dénoncé un accord similaire conclu entre le Royaume-Uni et le Rwanda. Selon lui, la position adoptée à l’époque contraste avec l’attitude actuelle de Kinshasa face à un dispositif de même nature.

Dans son communiqué publié le dimanche 5 avril, le gouvernement congolais indique que ce dispositif, élaboré conjointement avec les autorités américaines, s’inscrit dans le respect de la souveraineté nationale en matière de gestion de l’entrée et du séjour des étrangers, ainsi que dans le cadre des engagements internationaux et régionaux de la RDC relatifs à la protection des droits des migrants.

Kinshasa précise par ailleurs que la prise en charge logistique et technique sera assurée par le gouvernement des États-Unis, à travers des structures spécialisées, soulignant qu’« aucune charge financière » ne sera supportée par le Trésor public congolais.

Selon le communiqué, les personnes concernées seront hébergées dans des sites situés dans la ville-province de Kinshasa, où elles bénéficieront d’un encadrement à la fois administratif, sécuritaire et humanitaire.

James Mutuba