Pour Martin Fayulu, les accords de Washington ne constituent pas la réponse à la crise que traverse la République démocratique du Congo face au Rwanda. Intervenant lors du live Space organisé par Stanis Bujakera Tshiamala sur X, le leader de l'opposition a démonté méthodiquement la rhétorique du pouvoir qui présente ces accords comme un bouclier diplomatique.
« Goma a été pris depuis combien de temps ? Bukavu a été pris depuis combien de temps ? Et quel rempart ? » a-t-il lancé, cinglant, contestant que ces textes aient permis de faire taire les armes ou de restaurer la souveraineté congolaise sur les territoires occupés.
Fayulu a dressé un tableau sombre de la situation sur le terrain, décrivant des populations de Goma et Bukavu « considérées comme des esclaves des Rwandais », fouettées, tabassées, pendant que Kigali prélèverait selon lui quelque trente millions de dollars de taxes mensuelles au Sud-Kivu.
« Le Congo n'a pas autorité sur ces terres-là, sur nos terres », a-t-il martelé, rejetant tout argument selon lequel ces accords auraient au moins contribué à ralentir les opérations militaires rwandaises.
Le leader de Lamuka a toutefois tenu à nuancer sa position, dissociant explicitement le partenariat stratégique et économique conclu avec les États-Unis, qu'il dit soutenir, à condition qu'il respecte les lois congolaises et américaines des arrangements conclus avec le Rwanda.
Sur ce dernier point, sa ligne est sans ambiguïté : la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies doit être appliquée, les troupes rwandaises doivent rentrer chez elles, et l'AFC/M23 doit se dessaisir de toutes les positions occupées sur le sol congolais.