Rutshuru : les usagers de l'axe routier Kiwanja-Kanyabayonga confrontés à des attaques armées persistantes

Photo d'illustration
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La situation sécuritaire se dégrade de plus en plus sur le tronçon routier Kiwanja–Kanyabayonga, en pleine zone du parc national des Virunga, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu. Depuis plusieurs jours, des cas répétés d’attaques armées sont signalés sur cet axe stratégique, exposant les usagers à des risques permanents de pillage et d’enlèvements. Les auteurs de ces actes restent, à ce stade, non identifiés, mais leur mode opératoire est bien connu : embuscades contre les véhicules, tirs pour immobiliser les convois, puis enlèvement de passagers pour exiger de rançon.

Le cas le plus récent remonte au dimanche 5 avril 2026. Des hommes armés ont intercepté un camion de type Fuso transportant l’huile de palme ainsi que des passagers, entre l’entrée de Vitshumbi et Mabenga. Plusieurs personnes ont été enlevées, même si certaines ont réussi à s’échapper. Deux otages ont été maintenus en captivité en brousse jusqu’à la mi-journée du lundi 6 avril avant leur libération.

Cet incident survient seulement 24 heures après une autre attaque sur le même tronçon. Le samedi 4 avril, des hommes armés ont pris pour cible un convoi de véhicules communément appelés « leoleo ». Les assaillants ont ouvert le feu pour contraindre les conducteurs à s’arrêter, tuant deux personnes et blessant par balle un chauffeur et un passager. Plusieurs personnes ont également été enlevées, bien que certaines aient réussi à s’échapper. Trois otages avaient alors été retenus.

Selon des sources locales, notamment au sein d’une agence de voyage basée à Kiwanja, les personnes enlevées dans ces différentes attaques ont finalement été relâchées après paiement de rançons. Le passager blessé lors de l’attaque du vendredi est actuellement pris en charge à l’hôpital de référence de Rutshuru.

Cette recrudescence d’actes criminels inquiète fortement les usagers de la route Kiwanja–Kanyabayonga, un axe vital pour la circulation des personnes et des biens dans la région. Déjà à la fin du mois de mars, des chauffeurs avaient observé un mouvement de grève pour dénoncer l’insécurité persistante et exiger des mesures concrètes de protection.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler les autorités à renforcer la sécurité sur cet axe routier et  mettre fin à l’impunité des groupes armés qui continuent d’y opérer.