Dans la province du Lualaba, l’évacuation des creuseurs artisanaux du remblai T17, déclaré zone en urgence radiologique dans la concession de Kamoto Copper Company, marque un tournant dans la gestion de l’exploitation minière artisanale.
C’est dans ce contexte que le Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE) a lancé, samedi 4 avril dernier, l’opération d’identification des exploitants artisanaux sur le site de Kasulo, à Kolwezi.
Cette démarche intervient après une première phase consacrée à l’identification des coopératives minières, organisée le 31 janvier dernier par le Directeur Générale de ce service étatique. L'identification vise notamment à mieux encadrer les acteurs du secteur et à disposer de données fiables sur les exploitants artisanaux.
« Cette opération constitue une étape importante pour la formalisation de l’exploitation minière artisanale en République démocratique du Congo », a dit le directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo Kadiobo. « Il s’agit de doter l’État d’une base de données fiable, mais aussi de mieux encadrer les creuseurs et d’améliorer leurs conditions de travail », a-t-il ajouté.
La direction provinciale de SAEMAPE insiste sur les enjeux liés à la sécurité et à l’organisation du secteur. « Nous voulons sécuriser les exploitants artisanaux et structurer leurs activités conformément aux normes en vigueur », a expliqué le Directeur provincial du SAEMAPE au Lualaba, Georges Nyembo Kitungwa. « L’identification permet également de lutter contre l’anarchie observée sur certains sites miniers », a-t-il poursuivi.
Sur le terrain, l’opération a débuté par la remise symbolique de cartes d’identification aux responsables de quatre coopératives minières opérant sur le site de Kasulo, ainsi qu’à plusieurs exploitants artisanaux.
Les acteurs concernés saluent globalement cette initiative, qu’ils considèrent comme un pas vers une meilleure organisation du secteur. « C’est une avancée importante pour nous. Être identifié officiellement donne de la crédibilité à notre travail et renforce la sécurité sur les sites », a indiqué Vincent Kibibi, responsable d’une coopérative minière.
« Cette démarche va nous permettre de mieux nous organiser et de travailler dans un cadre plus structuré », a déclaré pour sa part Poly Walawa, également responsable d’une coopérative minière.
Selon le SAEMAPE, cette première phase cible prioritairement les creuseurs évacués du site T17, à la suite d’une alerte liée à un niveau de radioactivité jugé préoccupant. Ces derniers sont appelés à être redéployés vers des zones d’exploitation artisanale aménagées, notamment à Kasulo, UCK et Menuiserie.
À terme, l’opération d’identification devrait être étendue à l’ensemble des creuseurs artisanaux opérant dans la province du Lualaba, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de mieux encadrer le secteur et de renforcer les mesures de sécurité.
Timothée Prince ODIA