À la suite de l’annonce par le gouvernement de la République démocratique du Congo concernant la mise en place d’un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers en collaboration avec les États-Unis, le parti d’opposition ENVOL est monté au créneau.
Dans un communiqué signé par sa porte-parole Dena Jocelyne, le samedi 5 avril, le parti affirme que « le Gouvernement confirme désormais ce qui, hier encore, relevait de révélations par les médias ».
Mais pour ENVOL, loin d’apporter des clarifications, cette communication officielle constitue « un aveu grave d’impuissance et de bradage de notre dignité et souveraineté nationales ».
« La RDC n’est pas une terre de relégation »
Le parti rejette catégoriquement toute idée d’accueil de migrants expulsés dans le cadre de politiques étrangères.
« La République démocratique du Congo n’est pas une terre de relégation », martèle ENVOL, qui dénonce une décision « inacceptable » et lourde de conséquences pour le pays.
Le communiqué établit un parallèle avec des précédents historiques, notamment la gestion de la crise migratoire liée au conflit rwandais en 1994, que le parti estime à l’origine d’un cycle de violences persistant.
ENVOL rappelle également la situation interne du pays, soulignant que la RDC compte déjà « 7 millions de congolaises et congolais soumis à l’errance » en tant que déplacés internes.
Un contexte national jugé incompatible
Le parti d’opposition dresse un tableau préoccupant de la situation interne : absence de fichier national de la population, déficit de système carcéral, fragilité de la justice et montée de la criminalité urbaine.
Dans ce contexte, ENVOL s’interroge :
« La RD Congo s’engagerait à accueillir sur son sol toutes sortes d’individus, rejetés par la politique migratoire américaine ! »
Une décision prise « dans l’opacité »
ENVOL critique vivement l’absence de débat public et de contrôle parlementaire autour de cette initiative.
« Une décision qui engage la souveraineté territoriale, la politique migratoire et la sécurité nationale ne peut être prise dans l’opacité politique et administrative », insiste le communiqué.
Le parti estime que « le peuple congolais a droit de savoir ce que manigance le gouvernement ».
« Derrière les mots, une externalisation migratoire »
Le gouvernement évoque un « dispositif temporaire », fondé sur la « solidarité internationale » et le « respect de la souveraineté nationale ».
Des arguments que rejette ENVOL :
« La vérité est ailleurs », affirme le parti, dénonçant une « confusion grave entre l’humanisme et le renoncement à la souveraineté ».
Selon lui, cette décision revient notamment à :
• « mettre à disposition le territoire national au service de politiques étrangères »
• « accepter des mécanismes contraires à la maîtrise souveraine des flux migratoires »
• « effacer les responsabilités propres de l’État envers son peuple »
- « Un dépotoir de gestion des contraintes d’autres États »
ENVOL va plus loin en qualifiant cette initiative de véritable externalisation de la politique migratoire américaine.
« L’accueil sur le territoire national de personnes expulsées par un autre État constitue, par nature, un mécanisme d’externalisation », affirme le communiqué.
Le parti estime que cette décision revient à :
• « subordonner notre politique migratoire à des décisions étrangères »
• « transformer notre territoire en dépotoir de gestion des contraintes d’autres États »
• « anéantir l’autonomie de l’État »
De nombreuses zones d’ombre dénoncées
ENVOL reproche également au gouvernement son manque de transparence. Plusieurs questions restent sans réponse, selon le parti :
• le nombre de personnes concernées
• leur statut juridique (« criminels, repris de justice ? »)
• les conditions d’accueil et d’hébergement
• les implications sécuritaires et sociales
• les contreparties réelles de l’accord
Le communiqué évoque même de possibles liens avec des intérêts stratégiques ou économiques plus larges, notamment dans le cadre d’accords internationaux.
Une mise en garde politique contre le pouvoir
ENVOL accuse le régime du président Félix Tshisekedi de motivations politiques.
Le parti dénonce « une volonté de mobiliser le soutien des USA en faveur de son souci de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028 », évoquant un « plan machiavélique » visant à « troquer la souveraineté nationale ».
Les exigences d’ENVOL
En conclusion, ENVOL formule plusieurs revendications claires :
• « La suspension immédiate » du dispositif
• « La publication intégrale des termes de l’accord »
• « La saisine du Parlement »
• « L’ouverture d’un débat national » sur la politique migratoire
Le parti appelle enfin « l’ensemble des forces politiques, sociales et citoyennes à se mobiliser pour défendre la souveraineté, la dignité et l’avenir du Congo ».