Est de la RDC: HRW encouragée à poursuivre son travail après la présentation de son rapport sur Uvira à la suite de son occupation par l’AFC/M23

Photo d'illustration
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Respecter la liberté d’expression, mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires, et garantir l’obligation de rendre des comptes pour les abus : tel est le message essentiel adressé par le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion, aux autorités gouvernementales congolaises lors de sa visite du 17 au 21 mai 2026 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Cette visite du directeur exécutif de cette organisation internationale de défense des droits humains intervient dans un contexte marqué par l’occupation de l’est de la RDC par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda ; des dénonciations faisant état d’une vague de répression contre des journalistes, des activistes et des membres de l’opposition politique ; ainsi que des accusations liées à la réutilisation de sites de détention secrets dans la capitale, Kinshasa.

Lors de son séjour, Philippe Bolopion a rencontré plusieurs hauts responsables gouvernementaux, notamment la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que les ministres de la Défense, de la Communication et des Médias, et de la Justice. Auprès du vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, rapporte sa cellule de communication, la délégation de Human Rights Watch a présenté les résultats d'une enquête menée par l’organisation après l’occupation de la ville d’Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, par la rébellion de l’AFC/M23.

"L'on note de cette audience, l'analyse de l’évolution de la situation sécuritaire à Uvira ainsi que les mécanismes de protection des populations contre les violences des groupes armées, certains cas de traîtrise et des arrestations de quelques hauts officiers des FARDC. De leur côté, la délégation de Human Rights Watch a salué les efforts entrepris par les autorités congolaises dans la recherche de solutions concrètes pour le retour de la paix durable dans la partie Est de la RDC"rapporte le cabinet du ministère congolais de la Défense

Lors de ses entretiens avec des responsables, révèle un communiqué de HRW, Philippe Bolopion a fait part de ses préoccupations concernant les graves exactions commises par les parties au conflit dans l’est de la RD Congo, y compris l’armée congolaise, la milice alliée Wazalendo et les groupes armés pro-gouvernementaux, ainsi que l’armée rwandaise et le M23. Il a réaffirmé l’importance de respecter le droit international humanitaire, y compris lors de frappes aériennes, et d’assurer la protection et la libre circulation des civils ; il a aussi appelé à un regain d’efforts internationaux pour garantir la reddition des comptes pour les crimes commis par toutes les parties.

"Depuis des décennies, les civils de l’est de la RD Congo subissent de plein fouet les exactions commises par les forces gouvernementales et les groupes armés. Malgré certains progrès importants réalisés par les tribunaux congolais, les autorités judiciaires ont en grande partie échoué à poursuivre les hauts commandants responsables d’atrocités", a déclaré Philippe Bolopion

Philippe Bolopion a encouragé les responsables gouvernementaux à donner la priorité à la reddition des comptes pour les crimes internationaux actuels et passés, notamment en créant des chambres mixtes spécialisées comprenant des magistrats internationaux, ou un mécanisme internationalisé similaire au sein du système judiciaire congolais. Les responsables congolais devraient également continuer à soutenir les poursuites nationales et les enquêtes de la Cour pénale internationale.

De son côté, souligne la cellule de communication du ministère de la Défense, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, a évoqué le patriotisme du président Félix Tshisekedi ainsi que les différents efforts consentis sous son autorité pour venir à bout des abus et actes de violence commis à l’encontre des paisibles citoyens congolais. Mr Guy Kabombo Muadiamvita a également rappelé aux organisations et services concernés par les enquêtes de terrain dans les zones de conflit de veiller au strict respect des consignes et des procédures de traitement des dossiers sécuritaires.

Il a, par la même occasion, invité Human Rights Watch à poursuivre un travail objectif fondé sur les réalités observées sur le terrain, tout en rassurant que les interventions des services de sécurité s’effectuent dans le strict respect des textes légaux en vigueur.

« Nous sommes des civils ! », tel est l’intitulé du nouveau rapport de Human Rights Watch dans lequel cette organisation internationale de défense des droits humains revient longuement sur les meurtres, violences sexuelles et enlèvements commis par la rébellion de l’AFC/M23 et les forces rwandaises lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo.

Selon ce rapport parvenu à ACTUALITE.CD, le groupe armé M23 et les Forces rwandaises de défense (Rwanda Defence Force, RDF) ont commis de nombreuses violations graves du droit international humanitaire, dont plusieurs constituent des crimes de guerre, lors de leur prise et occupation de la ville d’Uvira entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.

Le document rappelle également qu’Uvira est tombée aux mains du M23 et des forces rwandaises quelques jours seulement après la signature de l’accord de paix négocié par les États-Unis entre le Rwanda et la RDC, un accord qui aurait, selon le rapport, favorisé le retrait soudain de ces forces un mois plus tard

Clément MUAMBA