Gestionnaire de vastes pans des territoires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, la rébellion de l’AFC/M23 a mis en place sa propre administration depuis l’occupation de la ville de Goma, au Nord-Kivu, et se vante d’avoir amélioré la gouvernance dans les zones sous son contrôle.
Intervenant au briefing presse tenu lundi 18 mai 2026, le Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau, a clarifié la position du gouvernement concernant les recrutements effectués dans les zones sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23. Selon lui, ces recrutements ne seront pas intégrés dans l’administration publique congolaise une fois la situation rétablie dans cette partie du pays.
Le patron de la Fonction publique précise cependant que le gouvernement, sur instruction du président de la République, Félix Tshisekedi, a adopté une approche visant à protéger les agents de l’Est du pays, malgré le contexte sécuritaire. Il insiste sur le caractère exceptionnel de la situation liée à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
"Évidemment, tous ceux qui sont recrutés par les occupants ne seront pas pris en compte le moment venu dans la Fonction publique. Je souligne que nous avons lever l'option à la demande et sur instruction du chef de l'État Félix Tshisekedi de ne pas priver nos compatriotes de l'Est de la RDC de leurs rémunérations et même celles et ceux qui sont partis ne seront pas en réalité sanctionnés donc il y a là un cas de force majeure qui a conduit à ce que certains puissent quitter leurs lieux d'habitation donc dès lors que nos territoires seront libérés, nous l'espérons d'ailleurs très vite et bien les fonctionnaires de cette partie du pays regagneront leurs postes, et celles et ceux qui ont été irrégulièrement recrutés par les occupants vont devoir être écartés" a déclaré Jean-Pierre Lihau, VPM de la Fonction publique.
Depuis l’occupation de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le gouvernement congolais ne cesse de dénoncer la mise en place, par le Rwanda et la coalition AFC/M23, d’une administration parallèle. Cette administration parallèle se traduit notamment par la nomination d’animateurs des entités sous leur contrôle, y compris des chefs coutumiers, en violation de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le gouvernement a toujours affirmé poursuivre la documentation de l’ensemble des crimes et violations des instruments juridiques internationaux ratifiés, en vue de saisir, le moment venu, les instances internationales compétentes.
Le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, avait signé au mois de novembre 2025 une ordonnance instituant des mesures conservatoires relevant du secteur de la justice dans les zones sous occupation des groupes armés et autres forces négatives, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.
Cette mesure du gouvernement intervient alors que des efforts diplomatiques sont en cours au niveau international pour parvenir au rétablissement de la paix et de l’autorité de l’État dans cette partie du territoire national. En dépit des avancées sur le papier, les résultats escomptés restent peu visibles.
Clément MUAMBA