Jean-Marc Kabund-a-Kabund a porté samedi une accusation juridique particulièrement grave contre le président Félix Tshisekedi, affirmant que ce dernier a « déjà consommé l'infraction de haute trahison » en se prononçant publiquement en faveur d'un changement de la Constitution et en la qualifiant de « chiffon » lors d'un discours à Lubumbashi.
Pour l'opposant invité de Stanis Bujakera Tshiamala sur X, le raisonnement est simple : en tant que garant de la Constitution, Tshisekedi a prêté serment de la respecter et de la protéger. Dès lors, le fait de la dénigrer publiquement, de la qualifier de Constitution « issue des belligérants » ou « faite par des étrangers », constitue selon lui une tentative caractérisée de renverser l'ordre constitutionnel. « Tout le monde pouvait dire ça, sauf lui », a-t-il martelé, soulignant que la qualité de chef de l'État rendait ces propos non seulement irresponsables mais pénalement répréhensibles.
Kabund va plus loin en affirmant que Tshisekedi est aujourd'hui « en rébellion contre la Constitution », une infraction qu'il qualifie d'imprescriptible, c'est-à-dire non soumise à délai de prescription, ce qui signifie que le chef de l'État pourrait théoriquement en répondre devant la justice même après la fin de son mandat. « Cette Constitution existe, elle produit ses effets », a-t-il rappelé, réfutant l'idée que le pouvoir en place agisse comme si elle n'existait plus.
L'ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale a annoncé vouloir détailler prochainement l'ensemble des violations constitutionnelles qu'il impute au chef de l'État au quotidien, promettant de démontrer « comment Tshisekedi viole cette Constitution, outrage cette constitution matin, midi, soir ».