Se dirige-t-on vers le retrait de la rébellion de l’AFC/M23 des différents processus de paix en cours, notamment le processus de Doha mené sous l’égide de l’État du Qatar en vue du rétablissement de la paix et de la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo ? Ce mercredi, le coordonnateur politique de l’AFC/M23 a déclaré que les multiples attaques de drones menées par l’armée sur les différents sites contre la rébellion signent la mort du processus de paix en RDC. Corneille Nangaa s’est exprimé au cours d’un point de presse à la suite des frappes de drone sur la ville de Goma ayant fait trois morts.
"Toutes les frappes aériennes et terrestres dirigées par le régime de Tshisekedi ont principalement visé les sites des civils loin derrière les lignes de front. La plupart des victimes desdites attaques sont des populations civiles. Ces attaques terroristes consacrent une violation systématique des différents accords de paix ainsi que du cessez-le-feu conclu entre le régime de Kinshasa et notre organisation AFC/M23. Ces actes barbares signent une mise à mort intentionnelle du processus de paix en République Démocratique du Congo car Kinshasa cible les membres du leadership de l'AFC/M23 ainsi que ceux de l'opposition politique", a indiqué Corneille Nangaa.
Dans sa communication, M. Nangaa a rappelé que, depuis le dimanche 8 mars 2026, une forte campagne de déstabilisation sécuritaire a été lancée par Kinshasa dans l’objectif de semer la peur au sein de la population des territoires qu’il qualifie de « libérés », en général, et de la ville de Goma en particulier. Selon lui, cette campagne annonçait l’imminence d’une attaque contre la ville de Goma par la coalition gouvernementale.
"Les messages d’incitation des populations à quitter la ville ont pris place sur toutes les plateformes et les réseaux sociaux proches du régime, donnant à l’opinion internationale l’impression selon laquelle la ville de Goma était en train de se vider de sa population", a fait savoir Nangaa.
Il a également souligné que l’attaque de Goma a été revendiquée par "tous les soutiens politiques du régime de Kinshasa actifs sur les réseaux sociaux avant de changer d’avis suite au caractère internationalement garanti du bilan humain et matériel”.
“Ils ont revendiqué, et des preuves sont là : Kinshasa a revendiqué avoir frappé, en disant même des mots qu’on ne peut pas comprendre. Quelque temps après, le régime a tenté en vain de noyer le poisson en mettant le feu sur les installations aéroportuaires de Mavivi à Beni, pour laisser penser à une attaque de notre organisation".
La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, actuellement sous contrôle de la rébellion de l'AFC/M23, a été la cible de frappes de drones attribuées aux Forces armées de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’ont révélé tôt ce mercredi 11 mars 2026 les dirigeants de ce mouvement rebelle, qui contrôle également de vastes pans des provinces du Nord et du Sud-Kivu. Selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés.
Alors que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) avait recensé une baisse des incidents affectant les humanitaires en janvier 2026, cette attaque visant la ville de Goma relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans le conflit qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Selon l’OCHA, 37 incidents affectant les acteurs humanitaires ont été enregistrés dans l’est de la RDC en janvier 2026, soit une baisse par rapport aux 48 incidents recensés en décembre 2025.
Bien avant ces incidents qui touchent désormais la ville de Goma, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi 5 mars, la Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur profonde inquiétude face aux violations récentes et continues des cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Ces cessez-le-feu avaient été garantis par la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025 et par l’engagement pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent et d’une cessation définitive des hostilités.
Selon ces États, ainsi que l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, membres du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (GCI), présidé par la Suède, ces violations incluent notamment l’utilisation de drones lors d’attaques militaires, mettant gravement en danger les populations civiles. Toutes les parties concernées doivent, selon eux, s’engager de toute urgence et sans ambiguïté à cesser les hostilités et à reprendre les négociations. Ils estiment par ailleurs qu’il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.
Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques, notamment les processus de Washington et de Doha, appuyés par l’Union africaine, progressent sur le papier mais peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23
Clément MUAMBA